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Distagon 15mm f/2,8    et     Nikon D800e

Depuis l'arrivé d'un 36Mp en 24x36 sans filtre antialiasing (D800e), on disposé d'un outil remarquable et très exigent pour les optiques. Dans ces pages l'idée est  de discerner tout au long de  tests-pratiques, quel est la qualité possible, avec un capteur aussi doué, et quelles sont les optiques pouvant  offrir le maximum d'informations à nos cadrages.

Distagon ZF2 15mm f/2,8
Commencer ces pages, par une focale  grand-angle extrême couplée  à un boitier d'extrême résolution, nous paraît une belle manière d'entrer par la très grande porte de l'image numérique.
Le Distagon 15mm f/2,8 que nous avons déjà testé sur banc 
(voir test), est une optique, entièrement recalculée, qui intègre toutes les dernières technologies pour corriger les défauts récurants des super grands angles; vignettage, distorsion, aberration chromatique, perte de résolution dans les angles...etc.

Nikon D800e
Ce tout nouveau (2012) boitier Nikon, intègre un capteur Sony de 36Mp, avec des pixels de 5µ. Il est couvert de la mosaïque Bayer, mais sans filtre antialiasing. Cette gravure  peut atteindre dans des conditions idéales 100 paires de points par mm, verticales et horizontales. Dans la diagonale les choses se gâtent, mais des résolutions de l'ordre de 65 paires de points par mm sont tout à fait probables.
40.000 pixels au mm²! c'est le chiffre à retenir.

Mires et Rapports
Comme pour le précédent test-pratique du 4DH40 et deux optiques Hasselblad, nous ferons des prises des vues des mires à plusieurs échelles, 1/25, 1/50, 1/100. et nous ferons en parallèle  des prises de vues avec des distances d’équivalentes. Ceci pour réunir dans un seul test, l'analyse technique du rendu sur des éléments connus, et la lecture d'une image obtenue en prise de vue courante, sur les sujets les plus varies.

Mire 60x90cm à 1/25
Photographier une mire plane à 35cm de distance avec un objectif de 100° d'angle horizontal, est une expérience unique, placer un objectif presque collé à une surface de 60x90cm, et la voir complète dans le viseur est surprenant et inquiétant.
Surprenant parce qu’avec si peut de recul, notre vision ne couvre qu'une partie de la surface, et il faut tourner la tête pour tout voir, tandis que dans le viseur du D800e le 15mm offre à voir toute la surface de belle manière.
L'inquiétude vient du fait qu'on imagine mal, comment cette optique pourra restituer avec une bonne qualité les angles de l'image, car avec plus de 50° entre le centre et les angles, tout parait biaisé. De plus l'exigence est accrue par le fait que le sujet imposé est plan et réclame donc une focalisation parfaite sur tout le champ
Un extrême grand angle plutôt destiné à photographier des volumes, est ici, confronté à faire dialoguer une surface émettrice truffée de formes complexes, avec une surface réceptrice encore plus complexe, à laquelle il doit tout dire sans rien masquer et sans mentir, voilà une épreuve pour ce 15mmf/2,8.

Distagon 15mmf/2,8-D800e  Centre-Angle
 




 
Ces images traitées dans LR4, nous montrent le rendu  de cette optique, à plusieurs diaphragmes. La progression sur les angles est visibles jusqu'à f/16, sans que le centre soit amoindri. Si ces résultats se confirment à l'infini, ce sera une belle performance pour les photographes d'architectures et paysages.

Pdv réelles à courtes distances de travail


La distorsion est très bien maitrisée, sur l'image de gauche sans aucun traitement on perçoit l'assombrissement et la légère déformation sur les bords du miroir. A droite une fois appliqué le profil Zeiss dans LR4, on voit surtout des changements en luminosité, la correction de la déformation est à peine perceptible

Map minimale, diaphragme et profondeur de champ


Cliquez pour voir à                           
f/2,8    f/8     f/22

Le centre comme nous l'avons vu avec les mires est impressionnant de détails dés la pleine ouverture, et nous sommes surpris de la qualité à f/22. La profondeur de champ avec une map à 25cm,  le fond à 5m, montre  le type de rendu (bokeh) et le gain très relatif en profondeur de champ. En effet avec des capteurs aussi fins la notion de profondeur de champ que nous avons en tête disparait. Si on regarde ces images à 100% on s'aperçoit que la profondeur de champ est presque nulle, quelque soit le diaphragme.


Cliquez sur l'image 15mm f/11
Couleur et saturation tout en nuances, décidément ce couple opto-capteur est surprenant


Cliquez pour voir cadres 15mm f/8               Cadre1             Cadre2
Cette image de sous bois en lumière diffuse, nous permet de voir les détails rendus dans des conditions plus difficiles. Aussi on peut constater que la profondeur de champ à f/8 est très faible, seulement quelques centimètres séparent le net du flou. Voici une bonne indication pour les utilisateurs du D800e, Mais surement les images faites  avec le D800 et son  filtre passe-bas, auront une profondeur de champ apparente plus importante.


Cliquez pour voir  Cadre1  Cadre2

Sur le cadre 1 placé dans la Zim (zone d'intérêt maximum) on voit le rendu avec une lumière dirigée, une excellente résolution sur les détails du tissu, et encore une fois, même à f/8, la profondeur de champ est  très limitée. Sur le cadre 2 au centre à 100%, même chose, extrême résolution là où le point passe, et arrondissement du rendu presque immédiatement.
Avec ces images on a pu appréhender le comportement du couple Zeiss Distagon 15mm f/2,8, et Nikon D800e. Résolution, chromie, saturation à tous les diaphragmes, au centre, sur les bords, et les angles les résultats sont très bons. Pour des prises de vues exigeantes à partir de f/5,6-f/8 les angles deviennent très bons pour un extrême grand angle.

Mires à 1/50 et Pdv à distances intermédiaires (0.90 à 2m)


 

Angle et résolution à 1/50
En analysant les résultats obtenus à cette échelle de réduction, nous avons remarqué un grand écart avec ceux obtenus sur banc. Ce pour quoi nous avons décidé d'intégrer une autre prise de vue avec décalage de l'appareil vers le bord de la mire et l'axe optique pointé vers le centre de celle-ci. Cette approche renseigne sur pas mal des points et oblige à relativiser les tests des très grand-angles avec des mires planes. Avec une échelle de 1/25 comme nous avons fait, les mires restent visibles  et posent moins de problèmes d'interprétation de la qualité des angles. Des rapports qui poussent les systèmes à leurs limites, nécessitent plusieurs lectures pour eviter les pieges

Voilà un point à retenir, en prise de vue frontale, d'une surface parallèle au capteur, le rendu dans les angles est moindre, et un diaphragme fermé au-delà de f/11 est conseillé. Par contre en prise de vues en volume, le rendu est supérieur et les angles deviennent très bons à partir de f/5,6.





Cliquez sur les images pour agrandir

Avec ces diaphragmes de travail, on confirme la très bonne restitution des micros éléments. Même sur cette mire plane, on voit une grande cohérence du centre aux angles. Il serait très utile  de tester un autre 15mm et faire un parallele. Avec la pondération pour les sujets en volume, on a des angles de bonne qualité.

Prises de vues

 
     3200iso f/8     Cliquez sur l'image

    

     800iso f8   Cliquez sur l'image


           100iso f/11 Cliquez sur l'image


                 Cliquez pour voir 
Cadre 1   Cadre 2

 

         Mires 1/100 et prises de vues à l'infini

Sur les images d'une des zones (Zim) de la mire à 1/100 , on peut voir le très fort moirage à f/5,6 et aussi sa disparition à f/22, ceci nous indique l'amoindrissement de la résolution par la fermeture du diaphragme.
Avec cette série, pour finir avec les mires, nous avons voulu montrer le moirage. Son apparition est comme nous le savon, la limite à partir de laquelle les pixels ayant une information trop fine des détails ne peuvent plus informer de la nature de ces détails. Alors nous pouvons nous trouver avec un pixel vert, rouge ou bleu, à la place d'un carre blanc sur le damier, et sur toute autre structure très fine qu’exciterait un seul pixel.
Avec les  images ci-dessous, on voit surtout la différence de traitement entre deux dématriseurs NX2.3 et LR4. Nx2 gère mieux le moirage et la résolution, il faudrait faire d'autres tests pour bien définir les meilleurs compromis pour chacun des logiciels.
 


Cliquez sur les images

 

Pdv longues distances de travail



 

 

 

Conclusion
La rencontre, entre le Distagon ZF2 15mm f/2,8 de Zeiss et le Nikon D800e crée un couple extrêmement prometteur. Le long de ce test nous avons essayé d'analyser et d'illustrer les aspects le plus déterminants d'un tel ensemble.En connaissance de cause on peut dire que les performances de ce duo plus dématriseur, sont hors du commun en format 24x36. 

La très grande résolution du Distagon 15mm f/2,8 permet d'utiliser le système de cadres intermédiaires du D800e. Avec le 20x30mm on obtient des fichiers de 25Mp sans aucune trace d'amoindrissement dans les angles extrêmes dès la pleine ouverture. Avec le format 4x5, les adeptes du 6x7 ,disposent d'un excellent 18mm pour 30Mp. Et pour toute image où les 15Mp suffisent, on dispose d'un 22mm parfait, puisqu'on utilise pratiquement que le centre du cercle d'image du 15mm, et dès f/2,8 la brillance et l’homogénéité  de l'image sur toute la surface sont frappantes.

Pour cette première page test-pratique des optiques, couplées au Nikon D800e, on remercie la Société Phot&Us et plus particulièrement M Didier Mercadal, pour le prêt de l'objectif le temps nécessaire pour réaliser toutes les images qu'illustrent l'article.

Tin Cuadra

 

Pour en savoir plus

http://lenses.zeiss.com/camera-lenses/en_de/camera_lenses/slr-lenses/distagont2815.html

 

  

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