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Hasselblad H4D40

En discutant, de nos nouveaux tests pratiques avec Fabrice Michaux du Moyen Format, l’idée nous est venue de présenter et de tester la gamme Hasselblad, H4D40, H4D60 et surtout le H4D50ms-200ms.
Dans les pages qui vont suivre, il y aura des mires, et des prises de vues pratiques. Tout au long de ce test, nous essayerons surtout d'informer sur la qualité d'image que peuvent produire les systèmes Hasselblad.
Dans cette série d'articles, le premier ensemble présenté est le H4D40 avec le 28mm f/4 et 80mm f/2,8


 

                             


V versus H

Au tout début de la transition de V vers H, de nombreux habitués de la marque étaient sceptiques quant à la qualité et la cohérence des nouveaux produits Hasselblad : le métal chromé ou laqué était remplacé par des matériaux composites à certains endroits ; les Distagon, Biogon, Sonnar et autres devenaient anonymes et autofocus ; enfin le 6x6 était transformé en plusieurs formats tous inférieurs au 4,5x6. Tout cela ne pouvait que nourrir les inquiétudes.
« L'horreur ! » disaient certains puristes, « Hasselblad devient un Mamiya 645! »

Dix ans plus tard, force est de constater qu'Hasselblad a eu raison de faire cette énorme mutation : le numérique s'est imposé, les matériaux on fait leurs preuves, l'autofocus et l'électronique embarquée sont un plus pour les photographes. De plus, à ce jour, il n'y a aucun fabricant proposant un format de capteur supérieur aux 4,5x6. Si les capteurs 6x6 existaient, on peut être sûr qu'il y aurait un Blad 6x6 numérique.
 
Maison familiale, groupes d'investissements asiatiques ou européens, numérique ou argentique, mécanique et/ou électronique, hard ou soft, peu importe ! La raison d'être des ingénieurs et techniciens Hasselblad reste la même : une certaine idée de la photographie de grande qualité. Des produits comme l'H4D40, 50, 60, et les superbes 50 ms et 200 ms en sont la meilleure preuve.

 

Capteur CCD H4D40

Gravure
Avec un format de capteur de 32,9x43,8 mm et des pixels carrés de 6 µ, on dispose de 7304x5478 pixels(40 Mp),soit environ 166 pixels par mm linaire  ou 27550 au mm² ou encore 4235 ppp, c'est-à-dire un rapport d'agrandissement de (4235:300)=14x (14x 43,8-32,9)= 62x46 cm avec une sortie standard de 300 ppp. 83 paires des lignes par mm, ultra sensibles,  codes sur 16bits, sont disponibles por produire des fichiers de de 50Mbits en format .3FR et 120Mbits en Tif 8bits.

Mosaïque
Les couches placées sur cette fine gravure sont les filtres RVBV-Bayer, le filtre anti IR, et chose rare, des microlentilles conçues pour mieux collecter et conduire la lumière jusqu'aux pixels.
Les sensibilités Iso annoncées grâce à ce procédé vont de 50 à 1600iso. Cette plage de sensibilité est superbe pour un dos moyen format en technologie CCD, car nous savons qu’il y a peu de temps encore, dépasser les 400iso était un exploit.

H4D40
L'ergonomie du boitier est remarquable, les commandes de modes d'expositions, diaphragme, vitesses, température couleur, correction d'exposition et sensibilité Iso, sont parfaitement accessibles et clairement affichées sur le grand cadran de contrôle, seulement les poussoirs de fermeture du diaphragme et relevage du miroir nous paraissent trop en retrait et difficiles d'accès.
Sur ces pages nous ne parlerons pas de toutes les fonctionnalités embarquées dans le boitier  lui-même (True Focus, DAC, HNCS...), mais nous montrerons les résultats photographiques obtenus grâce à ces technologies.
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Mires et rapports
Les mires utilisées comportent une multitude des formes, toutes étudiés pour montrer au mieux les qualités et défauts du couple opto-capteur et de ses meilleurs amis, les dématriceurs.
Comme nous le savons, les optiques ont des zones des distances de mise au point optimales. Et même les objectifs qui intègrent des lentilles flottantes, ont de comportements différents à l'infinit et en pdv rapproché.
C'est pour cette raison que trois échelles de prise de vues sont utilisées, chacune représentant un domaine de travail: le portrait et/ou reproduction couvrant un champ de 60x90cm, la photographie de reportage avec une distance de travail comprise entre 1,5m et 6m couvrant une surface de 120 x 180cm, et une dernière à 1/100eme de la focale. Ces échelles de pdv allant de 1/20 à 1/100eme sont très illustratives des distances de travail réelles sur le terrain.
Les mires sont homothétiques au 24x36, les deux modules de 60x90cm, 120x180cm , donnent des rapports 1/25,1/50 en petit format.En moyen format cela c'est traduit par des rapports inférieurs : avec le H4d40 et son capteur de 43,8mm de largeur, on a des rapports de 1/20, 1/40, environ.

Hasselblad 28mm f/4
Cet objectif autofocus, conçu pour le numérique et doté 12 lentilles en 9 groupes, se révèle impressionnant de précision et, dés que l'on place l'œil sur le viseur, vignettage et déformation paraissent bien maitrisés. La Map, très réactive et précise, surprend agréablement. Les progrès technologiques mis en œuvre permettent d'aller droit au point et la plupart du temps, dès le premier déplacement du système optique, la map est bonne, et ce même dans des conditions d'éclairage difficiles. 
Du temps des tests sur film, la déformation et le vignettage restaient gravés dans l'argent, et on disposait d'une preuve du comportement du couple objectif-film. Désormais avec le traitement numérique, on peut effacer toute trace de déformation et vignettage, notamment depuis la généralisation des calculs de correction dédiés à chaque objectif. Dans Focus2 , les données de corrections sont disponibles pour une multitude d'optiques et depuis peu les profils des optiques Hasselblad sont intégré à Light-Room 4. Nous les avons appliqués à toutes les images de ce test, et c'est seulement pour exemple que l'image à 1/20eme de la mire 60x90cm Def-Res-vig (déformation-résolution-vignettage) avec le 28mmf/4 à pleine ouverture est présentée

Mire 60x90cm 1/20eme


28mm f/4                                                                      Cliquez pour voir les deux cadres à 100% 


28mm f/8                                                                     Cliquez pour voir les deux cadres à 100%

Avec ses deux images, on peut constater plusieurs choses; la première est que le centre dès la pleine ouverture est excellent, que les angles sont corrects à f/4 et deviennent très bon à f/8, que le vignettage est nul, et n'a pas dégradé la chromie dans les angles, et que le rendu de matière reste cohérent sur toute la surface. Sur mires avec un rapport de réduction de 1/20,la résolution des formes de 0.25mm de côté est bien restituée.

Prises de vues réelles à courtes distances de Map

             
                     28mm f/13                                                                    Cliquez pour voir

Ce détail dans un champ de plus de 60cm, illustre bien la finesse des détails obtenus, n'oublions pas qu'il s’agit d'un 28mm équivalant à un 21mm en 24x36.


28mm f/8                                                                                                                  Cliquez pour voir
Encore un exemple, la richesse de micro détails est frappante. L'autofocus du H4D40 et le 28mm f/4 sont excellents. 
Ce détail à 100% informe de finesse de ce couple en Proxi-Photo
Ces mires et Pdv réelles à courte distance de travail, nous ont permis de voir et de constater la qualité et la maitrise de l'ensemble d'éléments mises en oeuvre pour réaliser ces images.

Mires à 1/40

Image de la mire sur une surface de 180cm de largeur, les cadres rouges représentent les trois zones que nous montrerons à 100%. La Zim
(zone d'intêt maximum) est pour nous la zone la plus importante, d'une part parce que, la surface est beaucoup plus grande que dans les autres secteurs de l'image, et aussi par l'importance de cette zone dans le cadrage et composition d'une image.



f/4


f/8


f/16

Même sur ses images comprimées pour le Web on peut constater la bonne couverture de cet extrême grand angle en moyen format. C'est seulement à f/4 que les angles sont en retrait sans jamais être mauvais.

Prises de vues réelles à distances de Map intermédiaires

28mm f/5,6                                                                                              Cliquez sur l'image

Cette image avec un prelevement dans la Zim, montre parfaitement le rendu de matiere possible avec cet objectif même à f/5,6.


28mm f/5,6                                                                                       Cliquez sur l'image

Sur ces images on voit le rendu de matière et des flous (Bokeh), et aussi de hautes lumières hors contrôle, comme ce soleil s'infiltrant entre les feuilles. La transparence de l'optique lui permet de conserver un bon contraste sur les parties sombres de l'image.


28mm f/5,6                                                                                     Cliquez sur l'image

Prises de vues à l'infini


28mm f/11                                                                                         Cliquez sur l'image

 


 28mm f/8                                                                                   Cliquez sur l'image

Conclusion 28mmf/4
L'ensemble de mires et Pdv avec le 28mm f/4 de Hasselblad, parlent d’elles-mêmes. L'autofocus avec correction manuelle du point est très efficace, avec les dématriseurs actuels, vignettage et déformation disparaissent complètement, mais la fermeture d'un diaphragme (f/5,6) permet d'améliorer les angles de l'image. Si on devait choisir le meilleur diaphragme on dirait f/8, car c'est un très bon compromis entre diffraction et résolution sur tout le champ d'image, et à toute distance de travail.

 

Hasselblad 80mm f/2,8

Avec 6 lentilles en 6 groupes, ce 80mm autofocus dit « normal », est un normal étroit sur le H4D40. La règle admise, est que la distance focale s'approche le plus possible de la diagonale de la surface d'image. En 6x6, avec une diagonale de 79mm et un 80mm, l'appellation "normal" correspond à cette régle.Mais avec la diagonale de 54,7mm du capteur H4D40 (32,9x43,8), il faudrait disposer d'un objectif d'une distance focale beaucoup plus courte, située entre 60 et 70mm. Espérons que les opticiens de chez Hasselblad produiront le plus tôt possible un 65mm f/2,8, comblant le vide entre le 50mm et le 80mm d'une part, et offrant le choix sur le type de « normal » que le photographe voudrait adopter. Certains photographes pourront trouver le 80mm idéal en portrait, pour approcher sans déformer, d'autres, en reportage, apprécieront l'angle et la profondeur de champ d'un 65mm.

Mires 1/20




1/20eme à trois diaphragmes     f/2,8    f/4   f/5,6          Cliquez sur le images

Excellent centre, des la pleine ouverture et angles bons et très bons à partir de f/4.Cette optique dans un couple à trois, avec Focus2 et H4d40 comme compagnons, obtienent le certificat  REPRODUCTOR à partir de f/5,6.

Prises de vues à courte distance de Map


 80mm f/8                                        Cliquez pour                  Voir cadre 1               Voir cadre2


    80mm f/5,6                                                 Cliquez pour ...         Voir cadre 1        Voir cadre 2


 80mm f/8                                                            Cliquez pour       Voir cadre 1          Voir cadre 2

Ces images faites avec  des distances de travail courtes, montrent le type de rendu obtenu avec cette optique. La finesse des micros détails est telle dans les parties dominantes de la surface, qu’avec des loupes à 100% on se croit devant des prises de vues en macrophotographie.

Mires 1/40





Quatre diaphragmes 2,8, 5,6, 11, 16                                                  Cliquez sur les images

A 1/40eme, l'acuité des systèmes "Opto-Capteur", doit être de très grande qualité pour pouvoir respecter l'original aussi fortement réduit. Avec cet ensemble, comme nous pouvons le constater, l'original est toujours bien reproduit, sauf à f/2,8 sur les angles, car la résolution est en retrait. Les photographes travaillant en studio, habitués aux diaphragmes fermés au-delà de f/8, trouveront une qualité d'image presque parfaite du centre aux angles du capteur. Si on devait donner un résultat chiffré de la résolution de ce couple nous dirions qu'elle équivaut à la diagonale du pixel (8,4µ) c'est à dire 59 Plmm.
Avec une réduction de 1/40, cela équivaut à un détail de 0,33mm sur l'original. Si on regarde attentivement ce
détail à 100% entre la forme .500 et .250 on peut constater la justesse de cette approche, et aussi que cet objectif permet, au centre de l'image, de transformer en information juste  toute forme ayant une taille supérieure à 8,5µ sur le plan focal.


Comparé au Canon5D MK II et 50mmf/1,4 à f/8                                  Survolez l'image

La comparaison des rendus sur un sujet imposé, mesurant 120x180cm, nous permet de voir quels sont les limites et l'écart entre ces systèmes. Si on regarde attentivement dans l'ordre de difficulté, on voit que les lignes m^me s'il elles sont restituées avec le 5D jusqu'au .625,on constate qu'elles sont arrondies, à partir du .500 il n'y a plus de résolution, la trame du fond est devenue trouble et illisible comme information.

On voit aussi que les formes noyées dans les couleurs sont beaucoup moins bien reproduites, cela devient très gênant dans les zones rouges, car on voit clairement que même  les chiffres, que ne nécessitent pas une extrême résolution pour être perçue, sont fortement dégradés avec le couple Canon.

Avec d'autres tests, nous verrons comment se comportent les capteurs devant des formes extrêmement fines et colorées, et nous essayerons de trouver un protocole pour classifier les systèmes en fonction de leurs capacités à restituer l'original dans des conditions identiques.

100-800Iso bruit et soft


 80mm f/5,6-800iso   (Camera Raw)                                                   Cliquez sur l'image

 

Mêmes images avec Phocus2                                                                   Cliquez sur l'image

Ces images exposées à 100 et 800iso, développées avec Camera Raw et Focus2, informent sur la bonne qualité d'image à des sensibilités élevées. Le rendu très variable du bruit selon si on la juge sur la une zone riche en matière ou au contraire dans de zones floues. De même on peut constater la différence de rendu dû au dématriceur. Avec Phocus2 nous avons obtenu un grain plus discret dans le zones floues, tout en conservant une grande finesse sur la matière, sur ces détails à 100/% il faut regarder la poupée attentivement pour voir la différence entre les deux sensibilités.

L'infini au 80mm f/2,8


  80mm f/5,6                                           Cliquez pour voir         Voir cadre 1        Voir cadre 2

Conclusion
Toutes les images que nous avons traitées montrent la qualité de cet outil. La saturation et la résolution obtenue avec les deux optiques employées, quel que soit leurs diaphragmes, rassurent et donnent très vite des réflexes de composition et de profondeur de champ, et nous épargnent l'inquiétude du choix du diaphragme pour obtenir la qualité minimum souhaitée, bien entendu en mode reproduction il vaut mieux travailler avec des diaphs au-delà de f/5,6. Le modelé des matières (pierres, pelouse, peaux...) est aussi un point remarquable sur le H4D40. Les photographes qui ont connu et apprécié le rendu "Diapo" seront ravis avec le rendu de ce système. Nous insistons sur ce point, car les photographes habitués au rendu Cmos seront frappés par la vigueur des images du H4D40, et devrons intégrer très vite les modes d'exposition et de développement pour tirer un maximum d'informations de leurs fichiers. 

 

Phocus 2

Le soft Phocus2 de Hasselblad en permanente amélioration, à une grande panoplie d'outils pour réaliser un dématrisage complet. Les valeurs dans les curseurs sont claires et cohérentes, par exemple dans le menu exposition, les indices EV et les réglages de contraste,luminosité et récupération sont un régal de simplicité. De même pour la conversion en niveaux de gris on a juste ce qu'il faut pour obtenir un beau rendu.
Le cercle chromatique pour permettre un 
réglage sélectif des couleurs est aussi très efficace.
Un autre dématriseur universel que convient très bien aux images du H4D40 est Light-Room 4,mais il faut beaucoup de patience et tolérance pour s'adapter à une multitude des curseurs que envahissent l'écran et alourdissent la tâche. On est très étonné de la capacité qu'a Adobe à créer d’outils complètement différents destinés aux mêmes besoins, Camera Raw et Light-Room4 sont la parfaite illustration d'une forme de cacophonie nuisible à l'utilisateur.

Souhaitons que Hasselblad n'arrête pas ces efforts de développement pour améliorer Focus2, car pour nous, avec une ergonomie mieux adaptée au travail en post production intensive, (affichage et exportation simplifiée par exemple), cet outil à tout pour faire un dématrisage de grande qualité.

 

Tin Cuadra

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