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Bessa III-667, rétro ma non troppo

C'est étonnant et  agréable de voir comment en pleine ère numérique, des fabricants s'intéressent à produire encore des boîtiers "classiques".
Cosina-Voigtländer est le chef de file dans ce secteur mais jusqu'à présent surtout dans le petit format (24x36) télémétrique. Avec le Bessa III, Voigtländer, (marque historique créee en 1756), nous propose  un appareil Bi-format (6x6, 6x7) intemporel.
Avec ce test prise en main du Bessa 667, nous ouvrons une nouvelle rubrique sans nom pour l'instant. Dans ces pages nous voudrions vous présenter des tests accompagnés des conseils et des résultats photographiques réels. Jusqu'à présent nous avions un secteur-test très austère et technique, qui ne  convenait pas a beaucoup de photographes. Nous  voilà donc dans un secteur anonyme qui nous l’espérons correspondra mieux .
 
 


Prise en main
Dans un kilogramme de matière, ce boîtier rassemble une belle concentration de matériaux et technologies, les dos et rouleaux presseurs sont en métal robuste, de même que le corps et la transmission mécanique de l'objectif au télémètre. L'optique avec six lentilles en quatre groupes, le viseur et le posemètre sont un ensemble qui fait appel à une belle maitrise d'autres technologies et matériaux. Des le premier coup d'œil dans le viseur on se rend compte que  ce n'est pas l'appareil de nos grands parents. Le mode auto, l'affichage digital des vitesses très lumineux, "et comble de raffinement" l'indication du format gravé dans le cadre, nous rappellent qu'il vient de sortir, et qu'il embarque des techniques d'aujourd'hui.

 

Bi-Format
Difficile de dire si des photographes passeront d'un format à l'autre régulièrement, mais Voigtlander a très bien fait d'intégrer les deux et de leur laisser le choix, pour nous c'est un 6x6 avec un 6x7 en prime. Pour changer de format il suffit de tourner le selecteur prévu à l'arrière du corps du boîtier, ce geste  entraîne le déplacement des lames latérales qui masquent ou dévoilent de la surface, et aussi le changement des cadres dans le viseur, bien vu!

 

120-220
La aussi la solution proposée est très simple et efficace, une simple pression-déplacement permet de changer le type de film utilisé. Fini le petit œilleton rouge!
Qu 'interdisait l'utilisation du film en 220
 
 

 

 
Viseur-Affichage
Dans le viseur, les cadres sont bien éclairés, et l'affichage électronique très confortable, mais la question la plus importante est la correspondance de ces cadres et la prise de vue réelle et ce à toutes les distances de travail permises (0.90m-infini).La première équivalence que nous avons vérifiée est celle de la surface de vue dans le viseur et l'image obtenue sur le film; sur les images suivantes en 6x6 et 6x7 nous avons repéré des éléments dans les limites des cadres pour chaque format, après développements, le cliché nous montre une surface superieure sur la vue, le cadre introduit sur ces vues représente approximativement ce décalage, qui reste très classique pour ce type de viseur.
La deuxième correspondance est celle du parallaxe, c'est à dire, la compensation du décalage des deux point des vues, celui du viseur et celui de l'optique à différentes distances de mise au point.
Sur ce point et contrairement à d'autres appareils télémétriques, ce n’est pas  tout le cadre que qui se déplace mais seulement les lignes gauche et haute. Cette solution surprend, car il y à a une réduction visible de surface selon que la Map soit à l'infini ou aux premiers plans.
Nous n'avons pas pu vérifier la distance de travail pour la quelle le parallaxe est le plus proche. Mais prises de vues à l'appui on peut dire qu'on oublie assez vite la réduction du cadre et que l'écart entre cadrage et cliché est modéré et assez centré, malgré le plus de matière à droite pour les vues rapprochées.
   


Le télémétre
La distance de triangulation du télémètre est assez petite (40mm), et la distance focal de l'optique assez grande, alors la question est, avons nous de quoi faire une Map précise. Avec des prises de vues très difficiles (pleine ouverture, vue rapprochée) , nous avons constaté que la Map est bonne.

Même à f/3,5 et une mise au point sur un mètre. Nous n'avons pas remarqué d'erreur dans les allés  retour de la bague de map, mais il serait prudent de vérifier à l'usage s'il vaut mieux faire coïncider la double image du télémètre avec des mouvements dans un seul sens, par ex; toujours revenir vers les courtes distances et aller vers l'infini jusqu'à faire la superposition de deux images, ou le contraire, mais il faut savoir qu'en mécanique de précision, il est courant de pratiquer des mouvements; toujours en tirant, ou toujours en poussant.

 

Obturateur -Exposition
L'obturateur électronique est ultra silencieux, même un Leica M est bruyant à coté. Toujours réarmé, avec des vitesses de 4s à 1/500s couplé au posemètre avec mesure pondérée centrale produit des vues bien exposées. La lentille du posemètre nous laisse penser que le champ de couverture et le comportement à différentes lumières est très bien maitrisé.

Commande centrale

La molette de commande est bien conçue, tous les réglages s'y trouvent; Iso, Vitesses, automatisme, et correction d'exposition. On soulève et on tourne le barillet pour choisir la sensibilité, on presse l'ergot central pour déverrouiller l'automatisme et corriger la pose, ou passer en mode vitesse manuelle, c'est simple et rationnel.
Signalons au passage que toutes les inscriptions ( vitesses ) sont gravées dans la matière(diaphragme), et aussi chose très rare le pas de vis pour le declencheur mécanique .
      


L'optique 
Que Helliar rime avec Tessar ne suffit pas à nous rassurer sur la qualité de ce 80mmf/3,5.Pour ce test nous avons réussi à placer le boîtier sur notre banc et mesurer la qualité optique au centre de la même  maniére que nous le faisons dans le secteur test d'optiques.Les images  qui illustrent ce test ont était  faites à huit mètres de distance de la mire. Et la, la bonne surprise! Le rendu au centre même à pleine ouverture est très bon. Douceur et détails à f/3,5, bon contraste et résolution à f/5,6. A partir de f/8 on améliore le champ et la surface du 6x7 est très bien couverte.
 



 
Avec la mire tri chromique RVB on observe le décalage des plans focaux pour chaque couleurs, le vert et blanc focalisent ensemble, le rouge et bleu se promènent un peut chacun pour soi, si nous comparons ce comportement avec d'autres optiques testés on remarque que ce décalage de Map est tout à fait classique, même sur des optiques 24x36mm.


Resolution, contraste, diffraction
Sur la mire RF1 de 05mm (vue à 8métres!) à grand contraste on peut voir la très grande résolution de cet objectif, à f3,5 le contraste est doux mais le damier que représente 100p/lmm sur le plan film est bien défini, à f/5,6 meilleur compromis contraste résolution, et à f/8 la diffraction commence à réduire les micro détails.
 

 
Prises de vues
Les quelques prises de vues que nous avons pu réaliser ont été faites sur Tmax-400 et Fuji NPH400, numérisées avec le Flextight X5 et présentés à différentes résolutions pour bien illustrer les résultats possibles avec le Bessa III 667
  
 

 


Ces deux photographies a à pleine ouverture témoignent de la justesse du télémètre et de la finesse des détails....cliquez sur les images
 

 

 

 
Ces deux prises de vues à f/3,5 et f/8 numériséés avec les mêmes réglages nous montrent le vignettage sur les images en petit format et le piqué sur un secteur très critique un fois l'image agrandie.

Le vues suivantes faites à f/5,6-f/8 illustrent le rendu de matière et piqué
      

 Cliquez sur les images

 

 

 
Conclusion
Nous finalisons ce test-prise en main, agréablement surpris. Les points forts sont; les commandes simples, la bonne télémétrie et exposition au service d'un bon objectif .Le Bessa III 667 pliant peut convenir aux amateurs du moyen format léger et performant, dans la ligne du Mamiya 6 ou Plaubel avec un plus de taille, le bi-format.

Nous remercions Daniel Gadat et Le Grand Format pour nous avoir prêté cet appareil le temps du test

Tin Cuadra

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