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Amazonas
Haut lieu du noir et blanc
 

Il y a quelques mois nous avions rencontré Dominique Granier, tireur colaboratreur chez Amazonas . Lors de cette entrevue, nous lui avons demandé de le rencontrer avec Sebastiao Salgado, maître, s’il en est, de la photographie noir & blanc.
Quelques mois plus tard, entre deux boyages Sebastiao Salgado a accepté de nous parler de son travail, et de son lien avec cet autre acteur-clé de la photographie: le tireur.
Rendez-vous a donc été pris, dans les locaux d’Amazonas, dans le 10e arrondissement, pour une interview de trente minutes…

Une idée de la photographie
Notre rencontre débute par une petite conversation sur la photographie d’aujourd’hui, ce qu’elle devient, ce qu’elle fut. Ce n’est pas sans une certaine nostalgie que Salgado et Dominique nous parlent des papiers barytés de la « grande époque », très riches en argent, aux variations de tons subtils et délicats. Et aussi du film, le Tri-x 400 éxposé à 200iso pour obtenir la plus grande latitude, confié depuis toujours pour le developpement à deux labos réputés, Imaginoir et à Philippe Bachelier.
Salgado nous dit que la prise de vue ne se fera sans doute jamais autrement qu’en argentique. qu’il a trouvé dans la TriX 400 « le film de sa vie » et milite auprès d’autres photographes pour qu’il soit adapté au 220 et qu’il ne disparaisse pas.
Le numérique n’est cependant pas totalement exclu chez Amazonas. Les films sont numérisés et les images choisies sont tirés en jet d’encre, pour la presse principalement. Le numérique a une place dans le travail de Salgado mais on sent tout de même que cela a davantage une fonction annexe, en particulier liée aux besoins de l’édition.
À la question de savoir s’il compte passer un jour au numérique, la réponse est logiquement non. « Je ne suis en manque de rien » nous dit sereinement le photographe qui voit dans le tirage classique de collection le moyen d’obtenir exactement l’image qu’il veut
 


Le tirage
Avec Dominique Granier il nous fait visiter son « antre ». Le labo, construit dans les caves de l’immeuble, est impeccable, grand et fonctionnel. Tout est prêt pour faire des tirages grand format, au moins jusqu’au 50x60. Dans les cuvettes, quelques images venant d’être réalisées que Dominique et Sebastiao examinent à la loupe. Cette scène témoigne du grand intérêt que le photographe porte sur le tirage et de sa connaissance précise du sujet. Il connaît très bien le travail du tireur. C’est pourquoi il a, avec Dominique, une relation tout à fait particulière et des exigences importantes.

 


Dans un coin du laboratoire, une glaceuse Priox, en parfait état et fonctionnelle. En la voyant, on se dit que c’est peut-être la dernière en marche à Paris. Le tirage, chez Amazonas, est fait artisanalement, dans le plus grand respect de la photographie argentique.
En sortant du labo on a la conviction que l’argentique et le tirage traditionnel son les references visueles de Salgado.

20 ans d’archives
Sebastiao Salgado nous conduit dans la pièce où sont stockées toutes les archives. Devant nos yeux, des centaines de tiroirs dans lesquels sont classées toutes les images réalisées par le photographe ces vingt dernières années. Nous nous apercevons alors que tous les tirages, même les tirages de lecture, bénéficient de la même attention. À part les planches de contacts, touts les tirages sont réalisés en papier baryté, de plus les13x18 de lecture sont glacés.
 


Voir les tirages de lectures, les « rushs » de cet immense photographe qu’est Sebastiao Salgado est une expérience impressionnante. Sachant qu’à chaque reportage, Salgado emmène avec lui au moins 500 films, ce sont des dizaines de milliers de photos du monde entier qui sont conservées dans ces locaux. Ensemble, nous comparons les tirages, discutons des photos, des reportages, de son dernier projet Genesis*, des questions sociales et politiques que soulève le thème de l’écologie, aujourd’hui au cœur de son travail.

Un regard sur tout
Avant de partir, Salgado nous présente le travail réalisé pour son dernier livre qui regroupe ses images d’Afrique. Le travail d’édition, lui aussi, est réalisé au sein d’Amazonas, sous l’œil attentif du maestro. Sur les murs, les futures planches du livre que le photographe regarde soigneusement, n’hésitant pas à donner son avis et à faire des remarques si nécessaire.

C’est là sans doute l’aspect le plus caractéristique de ce photographe : sa volonté de maîtriser d’un bout à l’autre la chaîne des images, de la prise de vue jusqu’à l’impression du livre. Avec un regard sur tout, Salgado entretient une relation intime avec ses collaborateurs qui doivent sentir quelles sont ses intentions, ses souhaits.


Quelque peu intimidés, c’est pour une interview d’une demi-heure que nous étions venus rencontrer un des plus grands photographes contemporains et son tireur. Nous sommes finalement restés plus de deux heures en compagnie de Sebastiao Salgado et Dominique Granier. Nous rémercions Sebastiao Salgado personnage imposant et charismatique qui, avec générosité, a bien voulu nous faire partager sa passion et son regard du monde, et Dominique Granier qu'a rendu possible cette rencontre.


Revoirfoto



Voir aussi

http://www.unep.org/OurPlanet/imgversn/153/french/salgado.html

http://www.amazonasimages.com/

Dominique Granier

 

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