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      Summicron-R  50mm f/2  (1969) 
 

 

                 

Dans la série de tests consacre aux grands objectifs discontinues, le Leica Summicron 50mm f/2 aux innombrables chefs-d’œuvre photographiques mérite une attention particulière.
Ce modèle produit de 1964 à 1976 était considéré comme le meilleur 50mm de l’époque. Couple avec un capteur de 42Mp nous verrons quel etait son rendu, s’il est obsolète techniquement et si la différence avec des optiques actuelles est si évidente.

 

Avec les 308gr de bronze, laiton, chrome, qu’entourent et déplacent 6 lentilles en 5 groupes de 50cm à l'infini, cet objectif peut vivre encore des longues années. La qualité de fabrication est telle qu’aucune gêne mécanique n’est perceptible, la fluidité et absence de jeux légendaires des optiques Leica, est ici à son maximum, même par rapport au Elmarit 90 f/2,8 du même âge testé précédemment, ce Summicron est plus transparent et mécaniquement impeccable.
Pour les passionnés qui veulent savoir plus sur les origines de cette optique voici un lien très intéressant. 
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Test sur Banc 
Pour rappel, le rapport de réduction sur banc est de 1/100, la mire comporte des damiers de 1mm, 0,5mm, 0,25mm et 0,1mm. Sur le plan focal cela, c’est traduit par des damiers de 10µ, 5µ, 2,5µ et 1µ. La technologie actuelle de capteurs 24x36 comporte de pixels entre 4 et 5µ, c’est qui veut dire que seule la colonne de droite (10µ) peut être lue correctement, la colonne de gauche permet de voir les micros détails qui traversent l’objectif et qui peuvent devenir information de matière et des brillances.
 
Zone centrale
 


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À f/2 malgré le faible contraste et une sorte de diffusion de la lumière, la pleine ouverture informe d’une très grande quantité des détails bien dessinés mais d’une grande douceur.
Dès f/2,8 on remarque le progrès en contraste pour arriver à un f/4 superbe. Ce résultat à f/4 est comparable aux meilleures optiques actuelles. Le cadre rouge entoure le damier de 2,5µ, ce damier est un point critique et infranchissable pour beaucoup d’optiques lumineuses, même actuelles. Bravo à Walter Mandler ingénieur concepteur du Summicron 50mm.

Zim (10mm du centre)
 


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Encore une belle surprise, à 10mm le comportement est similaire à celui du centre, et encore une fois nous avons un f/4 très performant et supérieur à beaucoup d’optiques actuelles, la colonne de droite est exemplaire par la neutralité de formes colorées de 10µ. Si on compare ces mires avec celle qui se trouvent dans le secteur test du site, on est étonné de voir la qualité de celle du Summicron à f/4.

Zone périphérique (20mm)

 
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À 20mm du centre la dégradation est très forte et on ne retrouve plus le comportement des zones centrales, c’est seulement à f/8 que le damier de 10µ apparaît lisible. Cette faiblesse dans les angles de l’image est peut-être la raison qui on poussé Leica à recalculer le Summicron 50mm et proposer une nouvelle formule de 6 éléments en 4 groupes à partir des années 1976.

La défocalisation trichrome 


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Le test de focalisation trichrome est très riche en information, au-delà, de montrer la distance entre les plans de mise au point il permet aussi de mettre en évidence les colorations de zones neutres de la mire. Le point blanc central et la mire grise en bas à gauche sont rarement neutres et exempts d’aberrations avec la plupart d’optiques. Le Summicron 50mm f/2 n’échappe pas et produit des colorations assez fortes autour du point blanc. Ces contours colores dans les zones brillantes sont un casse-tête pour la matrice Bayer sur les bords en clair-obscur (branchages) et les brillances à très fort contraste (goûtes d’eau au soleil).

Première conclusion
Pour une optique conçue il y a 50 ans, les rèsultats sur banc sont une très belle surprise. Dans une mécanique  intacte on trouve un comportement optique digne de très bons 50mm actuels. Les resultats sont homogénes jusqu'a 15-18mm du centre, seuls les angles sont moyen-faibles.

Prises de vues
Les prises de vues faites avec le A7Rll nous permettront de voir pourquoi ces optiques ne sont plus fabriqués, mais aussi pourquoi on peut les utiliser dans un grand nombre de situations.

Mires au 1/25
Ces deux images à f/2 et f/5,6  montrent la deformation, vignettage et la résolution, de plus la photographie d'une surface  permet de decouvrir une eventuelle courvure de champ.

Summicron 50mm à f/2
   

 
Voir cadre 1                                Voir cadre 2                                       

 

Le vignetage est assez important mais on peut le corriger facilement dans le dématriceur, facilement parce que l’optique ne produit pas d’artefacts sur les points noirs de la mire, par contre les personnes travaillant en (jpg) direct, devront éviter la pleine ouverture pour photographier des surfaces. Dans le cadre 1 les formes sont très arrondies mais présentes et même les lignes de 0.25mm équivalentes à 50Plmm sont visibles.
Dans le cadre 2 dans l’assombrissement dû au vignetage on distingue difficilement les formes les plus fines.

Summicron 50mm à f/4


Voir cadre1                                              Voir cadre 2                                   

 

Ces deux diaphragmes montrent la rapide progression de ce Summicron, à f/2, tout est doux sans être confus, et à f/4  l'effet de bord  et le contraste augmentent considérablement, sur les angles le changement est visible mais le bords des formes restent moins nets.
La rencontre du Summicron-R 50mm f/2 et les 42Mp du Sony A7Rll n’ont rien d’aberrant au contraire, les six lentilles en 5 groupes de 1964 produisent des images tout à fait comparables à des optiques actuelles, surtout si l'on diafragme d'un ou deux stops.

Prises de vues


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Le Bokeh, quel plaisir de quitter les mires et voir ce type de rendu. Sur cette pleine ouverture on découvre la manière très particulière de transcrire les arrière-plans flous, ce type de rendu très recherché, nous l’avions mis en évidence seulement avec le Kinoptik de 100mm f/2 Voir
Pour ne pas nous éloigner du sujet, en cliquant ici on peut voir les aberrations décèles avec le test de trichromie et en cliquant ici on voit la progression en contraste-résolution et même si la magie disparaît le rendu reste agréable.

Longues distances de prises de vues

 

 

Cliquez sur les images

Les longues distances de travail ne pardonnent rien, la réduction infinie des objets, le faible cercle d’image, les grandes zones lumineuses mettent en évidence toute faiblesse d’une formule optique. Bien entendu à f/5,6 le rendu devient tout à fait convenable et va vers un f/11 très complet, même si la rondeur des formes ne disparaît jamais. La subjectivité dans l’interprétation des résultats nous pousserait à dire que le rendu global est doux est complet, par contre la sévérité technique nous fait dire que les aberrations et pertes de contraste son gênantes aux grandes ouvertures. Nous avons fait d’autres images pour voir à quel point cette optique est compatible avec un usage réel en prise de vues de paysages.
 


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Sur ce type de traitement à partir d’une image à f/4, la résolution et contraste sont tout à fait adaptés, et même si on tire une partie infime (voir) de l’image on constate que coupler ce Summicron avec des capteurs modernes n’a rien d’une attitude vintage.

 

Sur l'image ci-dessous c'est sont les rendus de couleurs et profondeur de champ à f/5,6-8 que nous mettons en avant. Ces images ne nous disent rien de technique mais montrent que pour faire des photographies sans vocation hyper réalistes ou agrandies à plus 60cm de base, des optiques tel  que le Summicron 50mm f/2 sont parfaitement adaptées.
 


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Conclusion

Techniquement c’est objectif n’est plus d’actualité essentiellement pour deux raisons ; la première c’est la douceur de la pleine ouverture avec une presence marque des colorations parasites vert magenta, et la deuxième c’est la faiblesse des angles en dessous de f/4-5,6.
Par rapport aux optiques modernes comme le Loxia de 50mm avec 6 lentilles en 4 groupes nous n’avons pas trouvé une grande différence au centre dans lequel le Loxia est plus contrasté et croustillant, par contre si l’on compare avec un Otus ou un Apo-Summicron à 8 lentilles on ne peut que constater les progrès de l’optique moderne.

Au fur et à mesure de nos tests, nous améliorions la lecture et le sens qui peuvent avoir ces analyses aussi poussées du comportement optique. Tester des optiques que on écrit une grande partie de l’histoire photographique depuis plus de cinquante ans, et voir que couplées aux capteurs modernes peuvent encore fournir des images de grande qualité nous encourage à continuer ces tests des grands noms de l’optique.

 

Tin Cuadra

 Voir aussi

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