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Depuis les débuts de revoirfoto, nous avons eu beaucoup des réticences pour tester les boîtiers numériques, car nous n’avions pas une méthode cohérente à suivre. Quelle méthodologie employer pour ne pas répéter ou copier les graphes et courbes obtenues avec des logiciels obscurs ?.
Quelle méthode employer pour parler de ISO, Gamma, Gamut de manière cohérente et vérifiable par les images ?
Ce test du Sony A7rll est un début de réponse, nous avons suivi différentes pistes pour voir au mieux les points importants de ce 42Mp (résolution, chromie, sensibilité) et permettre des comparatifs avec d’autres appareils.
Bien entendu cet appareil est aussi un superbe outil vidéo mais nous ne sommes pas qualifiés pour en parler sérieusement.
 

Vite vu
Les images ci-dessous sont un échantillon des rendus possibles avec les optiques employées pour ce test.
Distagon 15mm f2,8, Elmar24mm f3,8, Biogon 35mm f2,8, Planar 50mm f2, et Otus55mm f1,4 à differentes distances, diaphragmes et sous tout type d’éclairage, extérieur, intérieur, néons, leds, ensoleillé, nuageux… etc. Dans un prochaint test du A7Rll nous verrons des optiques autofocus.
 


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Les améliorations et nouveautés du A7rII sont multiples, l'ergonomie, le viseur, l'obturateur, la stabilisation et la reactivité sont des éléments qui ont suivi des profonds changements   et  donnent un énorme coup de vieux au A7r.

Le Viseur

Le chemin optique signé Zeiss permet d’améliorer les angles et d'offrir un meilleur confort aux porteurs des lunettes. Il est difficile de comparer et de voir clairement ce plus par rapport au A7R, car  le XGA OLED True-Finder est le même,  de plus les rapports de grandissements ne sont plus les mêmes de 7,2 et 14,4 du A7R on est passé à 5 et 12,5 sur le A7Rll. La qualité d'image est suffisante pour offrir une image lumineuse et contrastée dans un grand nombre de situations.
Il faut saluer aussi la nette amélioration de la réactivité l'électronique en sortie de veille, jusqu’ici nous n'avons pas eu à maudire de la lenteur à l'allumage.
 

L'ergonomie
Là encore Sony a fait beaucoup des changements tout en gardant une cohérence avec le premier boîtier. Heureusement, même si le menu reste confus et mal pratique, les touches(c1, c2, c3, c4 et Fn)  permettent un accès simple à la plupart des éléments concernant la prise de vues. Les grandes marques Nikon Canon Leica dans leurs derniers modèles maîtrisent mieux l’accès au contrôle logiciel du boîtier.

L'obturateur
Voilà le changement que tous les photographes attendaient, avec le A7rII, Sony a corrigé le défaut majeur du A7R, à savoir les vibrations et bruits au déclenchement qui perturbaient considérablement la modernité de ce boîtier sans miroir.
Avec le nouvel obturateur et ces modes : tout électronique, semi-électronique et mécanique très bien amorti, les photographes disposent des choix parfaitement adaptés à différentes situations de prises de vues. Sur plusieurs images faites avec ces trois modes d’obturation en conditions normales de prise de vues nous n’avons pas remarqué des différences de rendus. Peut-être qu’il faudrait chercher de situations extrêmes pour constater des changements photographiques. Bravo !  
 
De plus  la stabilisation sur 5 axes est très efficace, sur la mire ci-dessous on peut voir les résultats sur deux series de trois PDV à 1/10s, avec et sans stabilisation.

 

 
Trois Pdv à 1/10s avec stabilisation (haut)                                              Cliquez sur l'image

 
Le capteur
 
Voilà ! On est passé un peu vite sur les aspects ergonomiques et électromécaniques du boîtier, mais un capteur avec une telle fiche technique ne peut attendre plus longtemps.
Pour voir et revoir les qualités de ce capteur nous avons fait des centaines d’images avec divers objectifs compatibles grâce à la monture (E-Mount) devenue universelle. Pour commencer nous avons choisi le 24mm Elmar asph f3,8 de chez Leica,  nous voulions voir les progrès du nouveau A7Rll.
Avec le A7R nous avions fait un papier exclusivement dédié aux grands-angles et le problème des fausses couleurs vers la périphérie de l’image. La coloration magenta vers les angles et bords de l’image réclamait une intervention en postproduction assez frustrante, rien de tout cela avec le nouveau Sony.

 

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Les progrès sont visibles et la technologie BSI  qui  consiste à passer tous les circuits électroniques derrière le pixel récepteur de photons, est certainement pour quelque chose dans ce remarquable changement. La diaphotie optique et électronique est un des problèmes majeur lié à la mininaturalisation des pixels, sur ce diagramme trouvé dans Tomsharware.com on peut voir les deux types de diaphotie amoindris et/ou corrigés par le fait de placer le pixel en surface et non pas entouré des circuits électroniques.
 

La dynamique

Un autre aspect que nous voulions montrer est la dynamique du nouveau capteur.
Beaucoup des tests avec des graphiques et des courbes "pseudo scientifiques" parlent de la dynamique des capteurs. avec des chiffres invérifiables et très similaires. On a pu lire  que la dynamique du nouveau capteur Sony est équivalente, voire inférieure à celle du A7R. Peut être que la dynamique mesurée en laboratoire est de 14 Ev pour ces deux boitiers, mais en pratique avec les logiciels disponibles pour le traitement d'images, les choses sont très différentes.
Avec les images ci-dessous on peut voir la très grande différence entre ces deux capteurs, à l’avantage du A7Rll. Si l’on observe l’image telle que sortie du capteur, on a très peu d’informations pour ce faire une idée de la dynamique, alors nous avons choisi de faire un rendu exploitable en tant qu’image avec Camera Raw, poussé à ces limites; c’est à dire +5 Ev, -100 pour les tons clairs et +100 pour les tons sombres.

      


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Ces images exposées pour les  hautes lumières et traitées dans Camera Raw avec trois des  curseurs à fond,  on peut le voir ici , montrent les limites extrêmes, mais aussi les progrès extraordinaires accomplis par l'imagerie numérique. Le respect des couleurs sorties de la pénombre est exceptionnel avec le A7Rll, Bravo !  Les mesures obtenues avec le spotmètre donnent f/128 sur les lampes et f/1 sous la bibliothèque.

La sensibilité
Avant de parler de sensibilité ISO, il faudrait se mettre d’accord sur les critères visibles pour les images obtenues. Les fabricants et une certaine presse se montrent très complaisants avec la norme ISO. Sur ce point Sony n’est pas très rigoureux et confond indice d’exposition (IE) avec sensibilité ISO et affiche 102400 ISO pour le A7Rll.
Pour bien montrer la différence des rendus et choisir des critères qui peuvent orienter les photographes dans le choix ISO selon leurs exigences de qualité, nous avons créé des chartes qui permettent de voir la dégradation de l’image avec l’augmentation des ISO.
Cette charte est placée dans un endroit représentatif de la scène normal avec un éclairage de bonne qualité, mesuré avec le spectromètre Sekonic. Cliquez pour
Voir la charte entouré d'un cadre rouge.
     


          100-1600 ISO   


 1600-51200 ISO             Cliquez sur les images

  

Sur les groupes d’images ci-dessus (gauche) le premier critère de sélection est la lisibilité de la phrase sur 100iso et sa degradation  au fur et à mesure de l’augmentation ISO.
La première conclusion est que de 100 à 400iso les images sont pratiquement identiques, avec un début de dégradation à 800iso. Dès 1600 Iso on remarque une grande perte en nuances et la montée du bruit.
Sur le groupe de droite de 6400 à 51200 Iso, on perçoit le bruit et la dégradation progressive et gênante des nuances. En résumé, on peut dire que le A7Rll de 100 à 800 Iso peut restituer pratiquement toute l’information reçue, et qu’à partir de 1600-3200 Iso on a de bonnes images, mais avec perte visible d’information.
L’image ci-dessous à 3200 Iso très riche et nuancé, est accompagnée d’une autre réalisée à 100 Iso. Dans le cadre rouge, nous avons fait une correction locale d’éclaircissement sur les deux images pour bien montrer qu’à des sensibilités aussi élevées la perte d’information est réelle et définitive.

   


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Pour montrer plus fortement l’aspect abusif dans l’usage de l’appellation ISO à partir de 12800 Iso, voici deux images qui illustrent parfaitement nos propos. Pour voir  au-delà des mires, on peut observer le spectromètre placé comme témoin.  
  


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14 Bits comprimés ou non comprimés
Le site DPreview avait relayé il y a quelques semaines une information concernant le Raw du A7rll. Des photographes et techniciens furent mécontents d'apprendre que Sony propose seulement un Raw comprimé . Sony bon joueur a répondu favorablement à la demande et a modifié le Firmware pour permettre deux modes Raw avec et sans compression. Voir ce lien pour en savoir plus

Les divers commentaires étaient très alarmistes quant à la qualité moindre du mode comprimé. Pour nous, plusieurs images avec tout type de sujets et lumières n'ont pas permis de départager ces modes et c’est seulement 
cette image exposée pour les hautes lumières qui a permis de voir le plus du mode non comprimé (Voir). Mais attention le fichier est exactement deux fois plus lourd, c'est à dire 81Mo !.
 
La chromie
Pour aborder ce domaine nous avons analysé les Jpeg et le dématriçage avec CameraRaw et CaptureOne. La première chose qui saute aux yeux est la très grande différence de rendu entre les deux logicels, l’image ci-dessous faite à 4400°K n’a subi aucune modification à part l’introduction de la température couleur dans les sélecteurs prévus dans chaque logiciel. À notre très grande surprise même en introduisant la température en degré Kelvin les logiciel fournissent des rendus assez dissemblants, alors qui croire ?
 


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En observant attentivement ces images on s’aperçoit qu’avec CaptureOne tout est plus froid, et on voit la grande différence des bleus sur le pot de fleurs, de même, sur la led du four, les rouges ne sont pas identiques.
Pour essayer de départager les tords et voir qui dit mieux, nous avons fait des images en trichromie qui nous ont permis de voir une lacune énorme dans Camera Raw, le rouge Wratten #25 n’est plus du tout juste et vire au magenta. Dans Lightroom c'est la même chose le rouge n’est plus un rouge et de plus est très sale, c’est-à-dire qu’à cause d’une sélectivité moindre il contient beaucoup de:
vert et surtout du bleu.
       


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La rapidité des progrès technologiques actuels, est telle que les ingénieurs doivent avoir du mal à suivre. Produire des profils pour des dizaines de capteurs différents avec des durées de vies extrêmement courtes poussent peut-être à trouver des profils génériques passe-partout pas vraiment respectueux de toutes les normes.
Souhaitons que ce capteur ait une longue vie pour que tous les acteurs de l’image tel Phase One et  Adobe puissent optimiser leur outil au maximum.

La comptabilité et les rendus optiques
Pour terminer ce premier contact avec le Sony A7R2 nous avons fait des images avec plusieurs optiques compatibles via des bagues d’adaptation, Elmarit 90mm f/2,8, Biometar 80mm f/2,8, Otus 55mm f/1,4.  Pour illustrer l’intérêt de pouvoir ressusciter de veilles optiques nous avons fait des images de comparaison en studio et en  lumière naturelle avec le Biometar 80mm non traité, l’Elmarit 90mm f/2,8 et le Otus55mm f/1,4.
Ces trois optiques ont des comportements très différents surtout en contre-jour et scènes très lumineuses. La première série avec un contre-jour modéré, on constate le grand écart de contrastes obtenu. Le Biometar non traité est très doux et son flare dénature la chromie du sujet, avec l'Elmarit le contraste est meilleur et le sujet est enveloppé d’une belle désaturation,  enfin avec L’otus  l’image est la plus brillante, les couleurs et contrastes sont tels qu’en observant le sujet on oublie le contre-jour.

 


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Par contre avec la deuxième série sur fond noir, les changements de contraste sont moins évidents, et les trois optiques fournissent une image saturée et contrastée, bien entendu les différence de résolution et de rendu de détails  sont visibles avec l’agrandissement.
Les images de la série sur fond noir on était faites avec 30 secondes de temps de pose, inutile de dire que la réduction de bruit en poses longues est excellente.

Conclusion
Ce test en apparence complet est en fait très incomplet, une multitude des fonctions n’a pas été vue. Comme nous le disions plus haut, le problème est le protocole de test. Par exemple, l’autofocus du A7Rll est très novateur, mais comment le mesurer et le comparer de manière fiable à celui d’autres appareils et tirer une conclusion utile pour les photographes.
La vidéo du A7Rll avec une fiche technique impressionnante échappe à notre domaine de compétences  pour aller dans un autre ou d’autres méthodes et techniques sont employées pour mesurer les différents paramètres qui concernent la vidéo.
Tous les aspects que nous avons vus dans ce test, montrent que Sony à fait un grand pas vers "l’imageur" idéal. Avec les améliorations du boîtier et l’intelligence ajoutée dans la opto-électro-numérisation, Sony a corrigé la plupart des lacunes du premier A7R.
Les progrès remarquables dans la conception et gravure du capteur ont permis la suppression de fausses couleurs et autres désagréments dus à l’angle d’incidence de la lumière sur le capteur.
Nous avons vu aussi qu’un excellent boîtier n’est rien sans un bon dématriceur, et pour l’instant c’est seulement Capture-One qui peut offrir le maximum en chromie et saturation. Les dématriceurs d’Adobe, (Camera Raw et Ligthroom) ne produisent pas les images brillantes et saturées qu’on peut attendre du A7Rll.

Nos remerciements à Fabrice Michaux du Moyen Format pour son soutien à la recherche "du mieux" pour les photographes.

Tin Cuadra

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