Accueil
RevuePratiqueTechniqueTestsVitrines

Liens

                   Art 50mm f1,4 DG HSM

 

 

Patience est la mère de toutes les sciences. Il nous a fallu de la patience en attendant ce Sigma de 50mm avec une réputation de S-ART. Grâce à Fabrice Michaux du MF  nous avons pu étudier cette optique pendant plusieurs jours, avec l'idée en arrière plan de faire une comparaison avec l'Otus  55mm testé cet été.
Ces produits sont très différents d'un point de vue mécanique et de compatibilité, l’Art de Sigma sans bague de diaphragmes et une course de Map très courte et rapide s'adapte parfaitement au boîtier de destination (Canon, Nikon, Sony) mais il est incompatible avec le A7R de Sony avec une simple bague (F vers E-Mount) mécanique.
L'Otus avec Map manuelle et sa bague de diaphragmes mécanique est parfaitement compatible avec le A7R et autres Nikon argentiques, en mode vidéo avec une course de Map extra longue la finesse obtenue est supérieure.
La perfection n'étant pas de ce monde voyons comment Sigma s'en approche.

 



Test sur banc à 1:100
Pour cette partie du test nous présentons les prélèvements sur trois secteurs du cercle d'image, centre (Zc), 10mm du centre (Zim) et 20mm du centre (Zp). Ces images sont impossibles avec un couple boîtier-optique et permettent d'aller voir toute la finesse de reproduction d'un objectif, et la maîtrise de la focalisation de différentes longueurs d'onde.
 Zone centrale

 
Survolez l'image

En voyant ces prélèvements on comprend tout de suite pourquoi Sigma a fait tan d'efforts pour créer ce 50mm f1,4. 13 lentilles en 8 groupes avec des verres spéciaux et surfaces asphériques, montées dans un corps très compact et robuste ,c'est visiblement ce qu'il fallait. Les micros détails vus à 5m de distance sont reproduits avec une extrême finesse dès f1,4. La douceur de la pleine ouverture s'estompe rapidement et permet un f2,8 superbe en contraste et résolution.
 
 

Zone d'intérêt maximum (Zim) à 10mm du centre

 
Survolez l'image

10mm du centre il y a un peu plus de désordre dans les damiers, surtout dans les éléments de 5µ(100plmm), à f2,8  l'ensemble du damier s'améliore nettement. Il faut dire que l'amoindrissement observé vient des formes  fantômes de dominante rouge, plus loin avec la mire de focalisation trichrome nous verrons pourquoi Sigma n'a pas donné le label Apo à son 50mm.

Zone périphérique (Zp) à 20mm du centre


Survolez l'image

La zone périphérique à 20mm du centre est moins bonne, et c'est  encore les micros éléments fantômes qui viennent perturber la reproduction des formes. Couplé au D800e nous verrons dans quelle mesure cet amoindrissement est visibles sur les images.

La trichromie


Glisez sur l'image

La mise au point des trois couleurs n'est pas parfaite et provoque un léger halo autour des formes blanches au neutre, à notre avis c'est ce phénomène que limite la reproduction des formes extrêmement fines. Si on observe le rendu couleur par couleur on voit que la géométrie de cette optique est très précise. Le secteur vert à f2,8 est un des plus performants que nous ayons vu, seul l'Otus de 85mm a produit un tel résultat jusqu’à présent. Par contre la focalisation des trois couleurs est obtenue seulement à partir de f4-f5,6, dans l'image du secteur vert à f 2,8 on voit le décalage du rouge par rapport au neutre, bleu et vert, parfaitement focalisés. Le halo coloré autour du point central montre l'impact sur les rendus de brillances. Voir
 

Vignettage et deformation à 1/25 avec mire de 60x90cm
 


 
 Rapport 1/25  à f1,4                                                                                   Cliquez sur l'image

Les ingénieurs de chez Sigma doivent être fier de la géométrie et vignettage de leur 50mm. Effectivement nous n'avons remarqué aucune déformation, et le vignettage est très limité. Décidément le prestige de cette optique n'est en rien artificiel ou purement marketing.
  
Mire 120x180cm
Pour aller plus loin et finir en beauté la partie technique de ce test, voici la même mire photographié avec une reduction de 1/50.
 



 Rapport 1/50 à f5,6                                                                         Cliquez sur les images

Ce rapport de réduction est très représentatif des distances de travail habituelles en reportage et photographie sociale. Sur l'image ci-dessus sans correction géométrique, on constate les qualités en contraste, déformation, et vignettage et résolution du 50mm f1,4 de Sigma. 

Première conclusion
En préparant ce test, on a lu de dizaines des pages à propos de cet objectif. L'enthousiasme de photographes et journalistes est unanime et ils ont raison, ce Sigma 50mm f1,4 Art est un excellent outil. Avec nos premiers tests sur banc et mires, on a mesuré des performances très élevées, le seul point perfectible est la focalisation des trois couleurs du spectre. Cette limite empêche ce 50mm d'aller chercher encore plus de micros détails, surtout à courtes distances de travail. 

Le repos des images














 

                                                                                                        Cliquez sur les images

Le journal sur ce fauteuil à f1,4 montre la légère aberration chromatique qui donne une coloration magenta vert aux formes, la typo et le premier plan du fauteuil le montrent bien. À f5,6 à droite tout est rentré dans l'ordre et le rendu est neutre et subtil.
  

f1,4                                                 f4                                                     5,6                        
Cliquez sur les images   

Ces trois vues confirment les qualités mesures sur le banc, amoindrissement dans les angles à f1,4, mais excellent centre à toutes les ouvertures. Les performances sur les bords et angles augmentent très fortement en diaphragmant et produisent une image riche et sans aberration dans tous les secteurs du cadre. Voir

 
Pour finir ce test-pratique du 50mm Art de Sigma, voici une image à très courte distance de travail. Nous l'avons choisie, car le même sujet vu par le Otus55 est dans nos archives, et dans un autre article nous verrons les subtiles différences de rendus de ces deux normaux hors normes.

 

 


Cliquez sur l'image

Conclusion

Les progrès accomplis par les opticiens indépendants tel que Sigma, sont une très bonne chose pour les photographes équipés de boîtiers haut de gamme. Ces progrès visibles mêmes sur des images en JPG pour le web prouvent qu'il y a un vrai retard chez les fabricants des grandes marques d'appareil photographique sur certaines focales. Le 50mm f1,4 Art est une réussite incontestable et provoque déjà un repositionnement de l'image de marque de Sigma.
Dans un autre article, nous ferons un comparatif du Otus 55 et le 50 Art, ces deux optiques avec leurs particularités méritent une étude en profondeur, car des différences il y a.


Encore merci au Moyen Format et Fabrice Michaux pour nous donner l'accès à du matériel si difficile à obtenir même chez les importateurs.




Tin Cuadra


.:. Haut