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                      Zeiss    Otus 55mm f/1,4

 

    
Aprés d'avoir analysé le Touit 50mm f/2,8 de Carl Zeiss, c'est un tout autre objectif de la marque que nous avons à tester.
Le Otus 55mm f/1,4 est une optique appart pour plusieurs raisons. La première particularité est la formule Distagon, cette appellation est associée aux grands angles depuis toujours chez Zeiss, l'autre particularité est que le Otus 55mm est un Apochromatique avec 12 éléments en 10 groupes, à notre connaissance c'est un cas unique pour un 55 "normal" en 24x36. Pour tester une telle optique nous avons fait énormément d'images, avec une attention particulière aux grandes ouvertures de f/1,4 jusqu'à f/2,8

Les courbes et au delà
Depuis longtemps,dans nos différents tests, nous avions remarqué un élément que ne peut-être compris en lissant les courbes Ftm données par le fabricant. C'est plus ce sont les micros détails hors résolution qui peuvent être restitués par une optique. Ici avec le Otus 55mm nous avons enfin la possibilité de montrer des images sur mire et en Pdv réelles qu’illustrent cette qualité, car même si d'autres optiques offrent une aussi grande finesse (inférieure a la taille du pixel), c'est la première fois qu'une optique ouvrant a f/1,4 permet d'extraire dés formes de la, ou tout est noyé dans les aberrations de toutes sortes et dans un contraste pratiquement nul.

Pour bien illustrer les gains apportés par le Otus 55mm, la courbe Ftm du Planar 50mmf/1,4 est présenté dans le tableaux ci-dessous superposée à celle du Otus.
À gauche les pleines ouvertures montrent  que le Planar a des difficultés à contraster les fréquences de 40cycles/mm, et même les 20cycles/mm sont asez bas en contraste. Le Otus de 55mm à f/1,4 place les 20cycles haut dessus de 80% et les 40 cycles au-dessus de 50%!. Quand on sait que le planar fait partie des très bons 50mm du marché, on imagine le type d'images que le nouveau "normal" de Zeiss peut offrir.
  


 

Test sur banc à 1:100

La construction traditionnelle de cette optique, c’est-à-dire Map et diaphragmes mécaniques, nous permet de faire un test complet sur banc. Cette partie du test-pratique permet d'aller très loin dans l'analyse d'un objectif et dans tous les cas plus loin que ce qu’il est possible de voir avec un test sur boîtier.
 
Centre (Zc)

 

Le rendu au centre à f/1,4 comme le montre le Ftm est légèrement en retrait, surtout aux très hautes fréquences, les damiers sont bien reproduits, mais moins contrastés, dès f/2 le gain est notoire et fourni une image très complète, à f/2,8 et f/4(référence) il y a un léger plus dans le contraste d’éléments rouges et magentas.

Zone d'interet maximum (Zim) à 10mm du centre

 

À 10mm du centre les bords de formes sont plus arrondis, mais présents, et comme pour le centre avec la fermeture d'un cran le contraste monte et permets des formes d’équivalentes à 50Plmm de grande qualité, à f/2,8 la qualité est proche de celle du centre.

Zone périphérique à 20mm du centre

 

Cette zone à 20mm du centre est extrêmement difficile pour les concepteurs d'objectifs, au vu des résultats on comprend que Zeiss soit fier d'avoir produit un objectif ultra lumineux avec des telles qualités. Pour rappel vous pouvez voir  les résultats obtenus à pleine ouverture avec lPlanar 50mm f1,4 au même rapport de réduction.

La trichromie

Ces images obtenues au centre à pleine ouverture sont présentées avec une mise au point parfaite pour chaque couleur. Avec les objectifs apochromatiques pour chambre ouvrant seulement à f/5,6 la focalisation presque parfaite des trois couleurs est beaucoup plus facile, car aidé par la profondeur de champ. C'est la première fois que nous avons un Apo f/1,4 en test et nous imaginons les difficultés rencontrées par les ingénieurs pour arriver à justifier cette appellation.
La performance obtenue par le Otus 55mm est hors normes. À pleine ouverture on peut voir que le rouge est légèrement décalé, avec le micromètre du banc, nous avons mesuré un décalage entre 3 et 5 centièmes de mm! sur le plan focal,  c’est-à-dire un décalage imperceptible en photographie courante. L'autre particularité de cette optique est que le vert, bleu, et gris sont sur le même plan focal, cette qualité nous l'avons vue seulement avec des optiques de très courtes focales ou des Apos très diaphragmés.
De plus le sérieux de Zeiss est encore à l'ouvre dans la bague de Map, car l'indication de décalage pour les surfaces sensibles IR est indiquée.
Comme pour le Touit de 50mmf/2,8M Zeiss a réussi à maîtriser les longueurs d'onde et leurs comportements, pour les placer sur le même plan focal, et ce, à des ouvertures inhabituelles dans tout autre système photographique.

 

  

Comme annexe, et pour montrer tout ce qui ce passe en dessous de 5µ, c’est-à-dire tout ce qu’aucun test avec capteur ne peut montrer, nous avons fait des images dans le secteur vert de cette mire, avec des diaphragmes allant de f/1,4 à f/8.

Sur le plan focal les traits de cette mire vont de 1 à 3µ!, donc voici en première mondiale la résolution sous-pixel et l'évolution de la diffraction sur un Otus 55mmf/1,4. Comme on peut observer dès la pleine ouverture la résolution montre les éléments d'un micron tout en douceur, ces traits commencent à disparaître à partir de f/2,8 pour s'éclipser presque totalement à f/8.
Au-delà de l'auto satisfaction qu’on a en regardant ces images, on observe aussi que dès f/1,4 à f/4 le Otus peut offrir des informations de grande qualité pour les éléments de 3µ, le contraste est à son maximum à partir de f/2,8, en clair les futurs capteurs de plus de 50Mp avec des pixels de 3 ou 4µ pourront montrer encore mieux les micros détails que cette optique peut discerner. D'autre part on voit bien que les lois de la diffraction imposent l'arrondissement et la disparition de cette prouesse technique.
 

 
Cliquez sur l'image

Première conclusion

Encore une fois, les données techniques de Zeiss se confirment largement, le meilleur normal actuel est sans doute ce Otus de 55mm, nous n'avons jamais vus des tels résultats avec une optique f/1,4. Avec les images faites avec Nikon D800e et un Sony A7r nous essayerons de rendre visibles les qualités énoncées jusqu'ici.
Pour n'est pas alourdir ce test avec d'autres mires nous montrerons peu d'images techniques, justes les nécessaires pour illustrer la déformation et le vignettage.

Mire 60x90cm à 1:25, vignettage et deformation
 
 L'image ci-dessous faite avec le D800e à f/1,4 à subi une correction dans Capture-One de 18% pour la déformation et de 1,54 EV pour le vignetage, ces mesures empiriques c'est les seules que nous paraissent utiles, car selon les dematriseurs les appellations et intensités changent, les fabricants des logiciels tardent à se concerter pour offrir un langage cohérent et respectueux des paramètres techniques utilisés en photographie. Les données du vignetage mesuré par Zeiss est une très bonne indication, réaliste et impitoyable, nous avons comparé ces courbes du Otus avec d'autres 50mm de la marque et on constate que le vignettage est presque identique à ouverture égale, la seule petite différence avec le Otus 55 on la voit à f/4 ou l’assombrissement et légèrement inférieur.
   
Voir courbes
Si on veut travailler aux grandes ouvertures pour composer l'image, quelle qu'elle soit l'intensité lumineuse, le vignettage naturel et les vitesses extrêmes auxquelles il faut travailler en lumière intense limitent un peu l'usage du Otus 55.
À notre avis Zeiss pourrait concevoir un filtre dégradé, et le proposer comme accessoire. Ce filtre d'environ 0.60D au centre, permettrait de travailler à des vitesses plus longues et aussi de produire de .jpgs ne nécessitant aucune correction. Pour les portraitistes et photographes de mode travaillant en extérieur, un tel filtre serait très utile. Les grandes ouvertures comme moyen de composition dans toutes les  lumières, pourrait être la devise du Otus 55mm f/1,4

  


Dans  Capture -One def:18%  Vignetage 1,54 Ev                  Cliquez sur l'image
 

La déformation négligeable en forme de barillet, ne pose aucun problème, même en photographie d'architecture.  Pour finir avec les mires voici les deux secteurs principaux de cette image le centre et les angles avec un rapport de réduction de 1;25 à f/1,4. Cliquez ici pour voir, c'est difficile de croire qu'il s'agit d'une image à f/1,4!

Prises des vues
Enfin le repos des images et leurs rendus sur des formes communes, en conditions courantes de prise de vue. La première photographie que nous paraît être la plus adaptée pour illustrer la maîtrise de la finesse extrême, c'est cette image a f/1,4 sous lumière très douce et à main levée. Le Sony A7R avec sa grande résolution et son télémètre électronique est très adapté pour capturer et restituer le quasi invisible offert par le Otus 55 à f/1,4.
 


Sony A7r Otus 55mm f/1,4 160Iso                                                   Cliquez sur l'image

Comme d'habitude dans nos tests-pratique, nous avons préparé une mosaïque d'images que couvrant un grand espace du possible avec un outil comme le Otus 55mm f/1,4, Pleine ouverture, pénombre, prés, loin, contre-jour, reflets, transparence, peaux, pierre, plumes, poils... et toujours le même constat, aucune limite à l'écriture à cause des aberrations ou manque de résolution dans les angles.
 

Cliquez sur les images

Le chat à f/4 illustre parfaitement la qualité extrême dans la reproduction de formes nettes, et l’englobante douceur des flous sans formes parasites (Bokeh). La dernière image, en bas à droite est faite à f/1,4.

Pour finir ce test, nous avons choisi une autre image que nous paraît très utile pour illustrer un autre usage permis par l'excellence de cette optique, la reproduction des tableaux et d'ouvres en général. Habitues à faire ce type de travail avec un Makro-Planar 50mmf/2 et le D800e, nous découvrons que le Otus fait encore mieux, surtout dans les angles, le contraste et finesse dés détails infimes est surprenant, même les utilisateurs de très bonnes optiques serons surpris des rendus "Otus".  

 

 
Otus 55mm à f/2,8                                                                                    Cliquez sur l'image



Conclusion

Difficile de faire une conclusion pour un produit sur lequel on a pratiquement tout dit. Le long de ce test nous avons abordé la plupart des points importants que déterminent la qualité d'un objectif, et dans tous ces domaines le Otus 55mm f/1,4 fait mieux que tout ce qu'on a pu voir jusqu'ici.
La Map somptueuse dans un corps tout métal, la maîtrise pratiquement absolue des aberrations chromatiques, l'excellence des angles, le contraste élevé et la résolution extrême à f/1,4 font de cette optique un investissement très pérenne, car il faudrait des capteurs beaucoup plus fins pour qu’elle montre des réelles limites.

Nos remerciements à M Mercadal pour le soutien et prêt du matériel



Tin Cuadra

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