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Le noir&blanc 
selon Dominique Granier


En ouvrant notre boite aux lettres,
le courrier de Dominique nous annonçant l’ouverture de son laboratoire de tirage noir et blanc, Gamme de gris, nous a agréablement surpris et quelque peu étonné. A l’ère du tout numérique et de l’impression jet d’encre,  proposer du tirage noir et blanc traditionnel nous a semblé être avant tout la démarche d’un passionné. L’envie de rencontrer ce personnage nageant à contre-courant nous a amené boulevard Beaumarchais pour une première rencontre avec un tireur comme
il en reste peu…

 

Comment es-tu devenu tireur ? Quel est ton parcours?


 

J’ai eu la chance de commencer comme laborantin dans un grand labo parisien. Je n’ai, bien sûr, pas commencé directement comme tireur, mais après avoir fait mes preuves dans tous les secteurs annexes dans ce laboratoire professionnel, ma détermination et un peu de chance m’ont permis de passer au service tirage noir et blanc, dirigé par Georges Fèvre.

 

Tu parlais à des journalistes de ton expérience en tant que tireur de Sebastiao Salgado, « le » photographe du noir et blanc aujourd’hui. Qu’est ce que ce travail en duo t’a apporté ?

J’y ai appris les finalités du métier de tireur. En sortant de chez Picto, je pensais maîtriser le tirage Noir & Blanc. Je me suis vite rendu compte que tout restait à apprendre, notamment le fait de ressentir la lumière telle que le photographe l’a saisie. J’ai beaucoup appris en travaillant avec Sebastiao. Sa très grande production et son souci du détail exigent une grande rigueur et une affinité particulière.

Le travail du tireur est absolument complémentaire de celui du photographe. Comment vis-tu le fait de rester dans l’ombre ?

Pour faire ce métier il faut être passionné. Ce que j'aime maintenant, après tant d'années d'expérience, c'est de réussir à faire ressortir un maximun de détails, d'obtenir une image lumineuse, vivante, et pourquoi pas unique.  Comme tout artisan, fier de son ouvrage, je connais l'importance de mon travail et le simple fait que le photographe soit satisfait par ses tirages est une forme de reconnaissance.

Tu travailles aujourd’hui en indépendant au sein de ton atelier Gamme de Gris. Comment gères-tu tes relations et contacts avec les différents photographes ? Comment travailles-tu ?

Tout photographe exprimant le besoin de réaliser des tirages de qualité trouve chez moi une écoute attentive. Au départ, il y a la rencontre et la discussion autour d’un tirage test. En général, dès les premières épreuves, le photographe et moi voyons l’orientation à prendre et la confiance s’installe. Que ce soit un grand photographe de renom ou quelqu’un qui veut s’offrir un beau tirage, ma manière de travailler est la même.

Proposer des tirages argentiques sur papier baryté, n’est-ce pas un peu risqué ? Quelle est ton ouverture vers
numérique ?

 

 

 

 

 

 

 

 
Quelle clientèle vises-tu ?


Non, les professionnels, collectionneurs, galeristes ne se trompent pas. Ils connaissent la valeur du baryté, sa qualité de conservation. La subtilité de son rendu reste inégalable. Aucune impression numérique ne peut rendre un dégradé de gris aussi beau qu’un tirage traditionnel. Le problème qui se pose, c’est que l’essor du numérique, qui envahit tout, fait que les fabricants délaissent peu à peu les produits argentiques et que le choix des papiers et émulsions n’est pas le même qu’avant. Cependant, on trouve encore de très beaux papiers, comme le Warmtone d’Ilford qui, bien travaillé, est un exellent support.
Le but n’est pas de concurrencer le numérique ni de dénigrer ses qualités. D'ailleurs les tirages arts graphiques, destinés à la numérisation, m'amènent parfois, à la demande du photographe, à assister le technicien chargé de réaliser les sorties numériques. Je pense que chaque technique à sa place, que l’argentique n’est pas mieux ni moins bon que le numérique, mais simplement différent.

L'atelier Gamme de Gris est ouvert à tout les photographes. Les artistes et auteurs, les collectionneurs,  galeristes, et les musées sont, je pense, les demandeurs de ce type de prestations devenues rares.  L'écoute et l'adaptation à chaque demande est, dans le tirage noir&blanc,  une priorité. La survie des tireurs est dans la passion et  l’art.

                                                            Revoirfoto

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