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Le Moyen Format 2008

Un an après notre visite sur le Boulevard Beaumarchais, nous revenons sur une boutique référence en matériel moyen format, et numérique en général, pour rendre compte de l'évolution et tendances des fabricants pour l'année 2008



 

Voir aussi Le MF 2009-2010



 

 

 








 

 

   

 

 

 

 








 

 

 

 

 

 

 










 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 












 

 



 

 

 




Le Moyen Format
50Bd Beaumarchais
75011 Paris 
Tél. :  33 (0)148071318
Fax. : 33 (0)148052318
http://www.lemoyenformat.com/ 


  




Entretien avec Fabrice Michaux

Avec le 1DS Mark III, on dit de Canon qu’il vient de sortir une nouveauté fracassante. Qu’est ce que ce nouveau boîtier a de si particulier ? 
Canon vient en fait de sortir un boîtier qui est un véritable concurrent dans le marché de la haute résolution, avec un nouveau processeur Dual Digic III et un nouveau moteur couleur sur 14bit, des photosites de 6.2 microns, qui gèrent encore mieux les fichiers que son prédécesseur 1DS MarkII. On ne voyait pas vraiment la différence entre un 5D avec des photosites à 8 microns et un 1DS MarkII 7,2 microns qui semblait avoir une qualité d’image légèrement moindre du côté « modelé ».
Le Canon a surtout l’avantage d’être polyvalent et de pouvoir convenir à différentes applications de la photographie, que ce soit en reportage ou en studio. L’argument budgétaire est lui aussi intéressant.
Est-ce que le DS Mark III est un concurrent susceptible de remettre en cause l’utilité du Moyen format ?
C’est un concurrent sérieux sur le plan commercial, mais seulement dans un concept « suffisamment bon, good enough » pour concurrencer le moyen format et satisfaire à une demande polyvalente.
Notamment en comparaison avec les dos entrée de gamme 22 millions ?
Les dos entrée de gamme à 22 millions sont équipés d’un capteur CCD et d’un moteur couleur sur 16bit avec des photosites de 9 Microns, ce n’est pas comparable sauf si l’on s’arrête à la résolution !
J’insiste sur la confusion qui existe entre le nombre de pixels et la qualité de l’image. La taille de l’image ne conditionne pas sa qualité. On peut avoir une grande image, si les pixels sont trop petits, on aura un rendu plus dur, plus sec, en tout cas différent. Canon, comme sur certains dos numériques, a réussi avec son système à monter en sensibilité par l’emploi de micros lentilles mais en restant sur un capteur Cmos.
C’est un très bon outil pour tout faire. Maintenant, si on ne dépasse pas les 400 ISO, il est évident que les dos restent bien supérieurs. Très récemment, un client professionnel travaillant en dos numérique m’a appelé après avoir acheté le Canon en se disant très déçu. Il possédait auparavant un dos 16MP et après avoir fait un test avec un 39MP en taille de capture 37x48 (le double du 24x36), il revint vers moi pour procéder à un échange.
Il existe cependant un dos numérique qui peut concurencer en terme de polyvalence et velocité le Canon, c’est le PhaseOne P21+ avec son capteur 32X43 et ses photosites à 9microns, il est de mon point de vue le meilleur outil jusqu’à 800 iso,(18 Millions de pixels, seulement !).
Quelle est la réaction chez les fabriquant de dos, chez PhaseOne et Mamiya par exemple ? 
Les fabricants de dos et d’appareils équipés de gros capteurs ne vont bien sûr pas dés demain se mettre à fabriquer un DSLR 24x36 ! Leurs préocupations sont différentes… PhaseOne, Mamiya et Hasselblad ne l’oublions pas, ont choisit des stratégies très individuelles !
PhaseOne et Mamiya vont essayer en quelque sorte d’apporter des réponses à la politique d’Hasselblad.
Hasselbald a verrouillé le système en faisant fonctionner en couple le dos et l’optique HCD 4/28 dédié, sur les boitiers H3D et H3DII et surtout en annonçant l’arrêt dans la fabrication du H2. Cela a posé un problème au photographe ayant choisi des dos de marques différentes mais qui voulait aussi utiliser un super grand angle sur le Hasselblad H1/H2.
L’arrivée du H2F dédié au film, permet l’utilisation du HCD28 mais il reste limité à l’utilisation d’un dos numérique Hasselblad et refuse de fonctionner avec les dos compétiteurs de la marque.
Hasselblad a également créé un programme d’upgrade et d’entretien pour tous les possesseurs de H1-H2 afin de ne délaisser aucun utilisateur de la marque*.
Rappelons l’efficacité absolue du digital apo correction, (DAC) inventée par Hasselblad … (pour les néophytes une sorte de « DXO » intégré et qui concerne tous les objectifs de la gamme H) C’est la solution choisie par Hasselblad, comparable à celle de Canon ou Nikon, de vouloir créer des appareils photo numériques et non plus seulement des dos. (Les CF39 et CF22 restent des dos adaptables sur la plupart des moyens formats, Rollei y compris et chambres )
Rappelons qu’il est de toute façon toujours possible de monter le dos d’un H3DII sur une chambre photographique et cela sans restriction. il n’est seulement pas possible de monter un dos d’une autre marque sur un H3DII.
Aujourd’hui Hasselblad crée et vend des solutions numériques complètes, son nouveau Logiciel Phocus est très innovant et aussi d’une parfaite ergonomie, la version 1 devrait être disponible début Juin.
PhaseOne maîtrise l’endurance, la polyvalence, les hautes sensibilité et les longs temps de pose (jusqu’à 1H). On peut imaginer que la guerre des dos n’est plus un débat et s’oriente vers des concepts intégrés ultra-performants . . N’est ce pas d’ailleurs l’approche initiale et logique que Mamiya avait dans un premier temps développée avec son ZD … ?
Le ZD Back de Mamiya n’est pas non plus un dos polyvalent, il ne se monte que sur le 645AFD/II et le RZ pro IID. Rappelons que les nombreux possesseurs de système RZ en sont pour leur frais et n’ont d’autre choix que d’acheter un nouveau boitier RZPRO IID.
Aujourd'hui il semblerait que PhaseOne prenne le contre pied en créant un nouvel appareil basé sur le 645 AFDIII, le prochain Mamiya. C’est une plateforme ouverte, et compatible avec les autres marques de dos. Ce boîtier pourra recevoir des objectifs Mamiya autofocus mais aussi des objectifs à obturateur central d’un fabricant Européen, on ne sait pas encore lequel. En fait ce qu’était Hasselblad hier, PhaseOne le sera demain …
La nouvelle version de capture one 4.1 permet à cet égard de développer les fichiers des Mamiya ZD et ZD Back.

Que doit-on retenir de tout ça ?
Globalement, le dos numérique est un concept qui est dépassé. On va vers un concept d’appareil photo. PhaseOne a fait « joint venture » avec Mamiya pour la création d’un nouveau concept.
Un peu dans le même sens on trouve le Rollei Hy6, il reste à savoir qui entre les différents acteurs numériques Leaf, Sinar peut être aussi PhaseOne, en porteront le succès. Cela me semble être une bonne solution pour l’évolution des marques et du moyen format numérique en général, puisque cela va créer une concurrence saine et orientée dans le bon sens.
Il ne faut pas oublier que dans un concept d’appareils photo, seules les optiques sont le vrai investissement, pas l’appareil. Les fabricants en sont conscients ! …

Est ce que le dépassement de la résolution à 39 millions de pixels est à l’ordre du jour ?

Je pense que cela ne va pas tarder, il y aura toujours la volonté d’aller plus loin. Pour autant, est ce que c’est bien utile ? Je pense que c’est un autre débat. Compte tenu de ce que font les photographes avec leurs images, les appareils d’aujourd’hui peuvent couvrir à peu près tous les champs de la photographie. On peut dire qu’un 39 mégas correspond à peu près à ce qu’on obtient avec une chambre 13x18. (en plus confortable !)

En quelque sorte l’échiquier est en train de se mettre en place. Hasselblad d’un côté, PhaseOne et Mamiya de l’autre.
Qu’en est-il des systèmes Sinar et Leaf construits autour de la gamme d’optique Rolleiflex ? Sauront-ils se faire une place dans le marché ? Est ce que le magasin « Le Moyen Format » compte les distribuer ?
 
La démarche est intéressante. J’avais quelques réserves au début, Rollei ayant toujours été absent du monde numérique depuis l’an 2000, mais lorsque l’on a le produit en main, on se rend compte de la qualité de fabrication, de l’ergonomie, des fonctions paraissant logiques, et des performances techniques, notamment pour la mise au point, l’autofocus étant particulièrement véloce. Je reste cependant dubitatif sur les capacités d’évolution commerciale, plusieurs paramètres rentrent en ligne de compte.
Bien entendu, si le produit fait ses preuves nous pourrons envisager sa distribution. Les photographes qui ont toujours travaillé en Rollei ne comptent pas abandonner leurs objectifs. Mais ils ne veulent pas non plus renoncer au numérique. Ils sont donc dans l’attente d’une solution que Sinar ou Leaf peuvent leur proposer.

Nécessité faisant foi, il faut cependant souligner que dans l’obligation de travailler de nombreux professionnels ont déjà tournés le dos à la marque. Il reste bien entendu un panel de retardataires attentistes et aussi d’amateurs passionnés ! Est ce suffisant pour survivre dans un marché où 75% des ventes sont entre les mains des deux principaux acteurs ?
Le moyen format a souvent été associé au format carré. L’influence de ce format était très présente dans l’expression photographique. Depuis l’avènement du numérique, de moins en moins d’images carrées sont publiées. Y’a-t-il une demande pour que ce format existe en numérique ?

Il existe déjà des dos numériques pour l’Hasselblad V systéme, mais à une résolution de 16 millions de pixels, excellent capteur 37X37 avec des photosites de 9 microns. La technologie permettrait de construire des capteurs numériques de format carré plus grand ; ce qui serait, je pense, une bonne chose. Le carré est pour moi un format magique, il apporte une certaine force aux compositions en se libérant du sens vertical (dynamique) ou horizontal (exigent) de l’image dans un rectangle.
Mais le plus important, selon moi, c’est que l’émulsion ou les photosites s’épanouissent dans une belle surface, celle qu’offre le moyen format en général.

Propos recueillis par revoirfoto

 

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