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Édouard Boubat
Révélations

La Maison Européenne de la Photographie présente, du 16 Janvier au 30 mars 2008, la première grande rétrospective consacrée au travail d’Edouard Boubat. 150 tirages retracent l’ensemble de l’œuvre du photographe décédé en 1999.

Né en 1923 dans le quartier de Montmartre à Paris, Edouard Boubat découvre la photographie dans l’après-guerre. Très vite, il est embauché dans la revue Réalités et réalise de nombreux reportages à travers le monde : Mexique, Etats-Unis, Jordanie, Liban, Brésil, Maroc, Yémen, Pérou, Kenya, Vietnam… Mais Boubat photographie également Paris. Et comme ses contemporains, Robert Doisneau et Willy Ronis, il est rapidement classé dans la catégorie des photographes humanistes. À ce titre, il bénéficie d’une sorte d’aura, de sympathie qui garantit à l’exposition un succès certain tant les images de la France joyeuse d’après-guerre, les scènes de jeu entre gamins dans les rues pavées plaisent au public.
L’exposition, qui se veut exhaustive, présente (presque) toutes les images de Boubat, de la première (le portrait de dos d’un enfant recouvert de feuilles dans le jardin du Luxembourg) jusqu’à ses derniers photogrammes. On retrouve le portrait de Leïla, sa première épouse, les deux petites filles qui posent bras dessus, bras dessous dans un Paris qui n’existe plus aujourd’hui, des portraits réalisés en Inde, au Mexique, au Vietnam, des regards tendres et humains offerts à l’objectif du photographe et aujourd’hui au regard des spectateurs.

Photographe de la vie  
Teintées d’innocence et parfois aussi de naïveté, les images d’Edouard Boubat sont souvent présentées comme illustrant la photographie du bonheur. Cette formule a cependant quelque chose de réducteur car elle semble oublier la précision du cadrage, la maîtrise de la lumière, le travail du photographe. De fait, plus qu’un photographe du bonheur, Boubat est davantage un « correspondant de paix » selon les mots de Jacques Prévert. Derrière ces images se cache un plaisir, un goût pour les gens et les choses. « J’aime la photo, c’est tout. Ce tout est la vie. »
 

Cette idée de « photographe du bonheur » occulte également un autre aspect du travail de Boubat, présenté dans une exposition parallèle consacrée à la revue Réalités, revue à laquelle Boubat a participé de nombreuses années, réalisant des reportages dans des conditions très différentes de ses prises de vue parisiennes, en Algérie pendant la guerre ou bien dans l’Espagne de Franco. Des sujets sensibles, difficiles, loin des préoccupations humanistes. Photographe du bonheur Edouard Boubat ? Non. Photographe de la vie.
                                              Jórdi Gourbeix

 

Informations Pratiques :
Exposition présentée jusqu’au 30 Mars 2008

Maison Européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
01 44 75 78 00
Ouvert du Mercredi au Dimanche
De 11h à 19h45
www.mep-fr.org

 

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