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« Mirarte es mi pecado »
A l'institut du Mexique, Stefan Ruiz nous dévoile un univers singulier :
le monde en carton pate des Telenovelas mexicaines.


D
ans le studio 9 de la Télévisa, spécialiste et grande productrice des Telenovelas, feuilletons à l’eau de rose où amour, argent et pouvoir sont les ingrédients principaux, est tourné Mirarte es mi pecado ( « Te regarder est mon péché » ), série phare de la chaîne, suivie quotidiennement par des milliers de téléspectateurs fascinés par le spectacle de la vie bourgeoise, de ses misères et ses splendeurs. La telenovelas, sorte de roman-photo animé (en espagnol Telenovelas signifie littéralement « roman-télé ») met en scène des personnages universels, stéréotypés, capables de susciter l’identification chez tous les téléspectateurs, et pas seulement au Mexique. Mirarte es mi pecado, au delà des frontières latino-américaines, est suivi en Russie et aux Philippines.

 

Une galerie de personnages

Ce sont ces personnages que Stefan Ruiz nous expose. Photographe américain d’origine mexicaine, Ruiz portraiture les acteurs de la série, les mettant en scène dans les décors, à l’intérieur du studio, laissant apparaître projecteurs, câbles. Tous y sont, le père crapuleux, la jeune fille un peu bimbo, le jeune premier beau et riche. Devant l’objectif de Ruiz, l’attitude est surfaite, calculée, mesurée comme devant la caméra. La fiction absorbe la réalité, ne laisse aucune place au spontané. Dans cet univers de paillettes et d’illusions, le corps est un éléments du décor parmi les autres, intégré dans la machine télévisuelle comme un objet utile, fonctionnel, efficace.



Mise en scène du dispositif
Et c’est ce qui intéresse tout particulièrement Stefan Ruiz dans ces images, la mise en scène du dispositif télévisuel. C’est pourquoi tout le monde, ou plutôt tout, est présent dans ces images : décors, acteurs, actrices, producteurs et même le technicien. Personnage anonyme en décalage avec les stars que sont les protagonistes de la série, mais qui, autant que les autres, fait partie du système. La télévision, usine à rêves, produit des images éternelles, hors du temps. Pour faire perdurer  ce système, la télévisa à même créé­ une « école du feuilleton », le C.E.A, Centre d’Enseignement Artistique. A propos de cette école, Luis Lobos, le directeur de la chaîne explique : « Le CEA est comme une ligne de montage automobile. Chaque année nous ajoutons une nouvelle moisson d’acteurs, afin que les protagonistes ne vieillissent jamais. »
Fixés sur pellicule, puis sur papier, les personnages de Ruiz, eux aussi, vivront à l’épreuve du temps.

Jórdi Gourbeix

Instituto de Mexico à Paris

119, rue Vieille du Temple - 75003 Paris

T: 01 44 61 84 44

M° Filles du Calvaire

Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 13h et de 14h30 à 18h, le samedi de 14h30 à 18h

Exposition jusqu’au 19 Novembre 2005

 

www.mexiqueculture.org

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