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Regards de ville
Frederic Delangle, Sebastian Rosenberg

La mairie du 10ème arrondissement de Paris organise
du 15 novembre  au 17 décembre 2005 ses premières
« Rencontres Photographiques ». 40 lieux, 60 photographes, multiplicité de formes et d’images dans la ville.

Diversité, mélange

Les rencontres photographiques du 10ème arrondissement de Paris se veulent un événement rassemblant dans un projet commun, les acteurs de la photographie dans le quartier, qu’ils soient professionnels et amateurs. Aucune thématique imposée, le choix des commissaires d’exposition a été de rester ouvert à des propositions de toutes sortes, privilégiant ainsi la diversité, le mélange.
 Ainsi, à travers les 40 lieux sollicités, des images et des styles très différents. Portraits, mode, reportage, architecture, toutes les déclinaisons de la photographie sont représentées. On perçoit cependant des correspondances, des liens entre certaines expositions et notamment un regard sur la ville et sur ses habitants. C’est le cas, par exemple, chez Philippe Delangle et Sebastian Rosenberg, exposés respectivement à la galerie Philippe Chaume et à la libraire Artazart.
 Deux regards très différents, l’un sur la ville en tant qu’architecture, mais vide, dépeuplée. L’autre, au contraire, s‘intéressant aux individus et personnalités du quartier organisant ces rencontres.


Frederic Delangle,
No Life Last Nigh

 

Ahmedabad, capitale de la province du Gujurat, Septième plus grande ville d’inde. Surpopulation, misère, insalubrité sont le lot quotidien des millions d’habitants de la ville qui, pourtant, fut les des plus grands comptoirs commerciaux du pays, un des centres les plus riche.
En photographie, la façon la plus commune de représenter la ville indienne a le plus souvent été de montrer sa population à travers sa densité, son agglutinement, le rythme et l’ambiance crées par l’accumulation des corps. Frederic Delangle, de par sa formation de photographe d’architecture, s’est intéressé à la ville en elle-même, aux immeubles et aux maisons qui constituent un des patrimoines architecturaux les plus riches d’Inde.
Delangle pose sa chambre 4X5 inch en pleine rue, entre minuit et cinq heures du matin et saisi, sans autre éclairage que celui de la rue, les façades, les passages de la ville. A l’image des corps qui la peuple, Ahmedabad semble elle aussi être faite d'amoncellements, de mélanges, d’accumulations. Elle constitue une sorte de curieux décor, où la lumière, quasi cinématographique, met en valeur le désordre architectural fait de bois, de tôles et de béton, le mélange des bidonvilles et des architectures coloniales.
Ce qui frappe dans ces images, c’est avant tout l’absence de tout être humain. Les temps de poses extrêmement long que demandent les prises de vues ne permettent pas de fixer les corps qui ne s’arrêtent pas, ou trop peu, devant l’objectif. La seule présence humaine apparaît sous forme de fantômes, des spectres d’individus qui, le temps de quelques secondes, ont laissés leur empreinte.
Alors que la ville indienne se définit normalement par la densité excessive de sa population, Delangle choisit un autre parti pris et nous montre un autre aspect de la réalité urbaine, celle des lieux, des espaces et du délabrement qui les menace.


Sebastian Rosenberg, 
Nationalités du 10ème

      


Le 10ème arrondissement de Paris est l’un des quartiers les plus cosmopolite de la capitale, regroupant près de 70 nationalités. Un mélange donc, de couleurs, de cultures, d’histoires et de personnalités.
Sebastian Rosenberg, jeune photographe Allemand résidant  lui aussi dans le 10ème s’est intéressé à cette diversité de population.  Depuis plus d’un an, il photographie les gens, dans la rue, les faisant poser face à l’objectif ou les laissant eux-mêmes se mettre en scène.
 « La prise des images n’a pas toujours été facile » confie le photographe qui, mis à part les problèmes techniques, a surtout du se confronter au refus des gens de se laisser photographier. « Il a fallu, raconte Rosenberg, expliquer mon travail, mettre les gens en confiance, prendre des rendez vous, puis d’autres, expliquer quelles étaient mes intentions. »



 
70 Portraits sont présentés à la Galerie de la librairie Artazart, constituant ainsi une forme de tableau des différentes nationalités présentes dans l’arrondissement. Ici la photographie est simple, directe et franche. Ce qui intéresse le photographe, c’est l’individu dans sa plus grande simplicité, et le sourire qu’il donne à celui qui veut le voir. Le mélange des gens, des couleurs, des façades, toutes différentes, forme un ensemble affectueux qui valorise l’échange en même temps qu’il souligne les différences.
 
Ce travail est avant tout une rencontre entre Rosenberg et son entourage proche, les gens de son quartier, ses voisins. Et lui, en tant que photographe, en tant que témoin, organise la rencontre entre nous, spectateurs, et les habitants du 10ème.
 Deux regards très différents donc, sur la ville mais aussi sur la photographie. Deux regards intéressés et intéressants qui, parmi d’autres, font de ces Rencontres du 10ème un événement photographique original qui mérite d’être vu et vécu.

Jórdi Gourbeix

- Fréderic Delangle est exposé à la galerie Philippe Chaume,
  9 rue de Marseille / 01 42 39 12 60 /
www.galeriephilippechaume.com
- Sebastian Rosenberg est exposé chez Artazart,
  83 quai de Valmy / 01 40 40 24 00 / www.artazart.com
- Expositions du 17 Novembre au 15 Décembre 2005
- Programme des expositions et conférences sur :
http://rencontresphoto10.free.fr

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