Il y a très peu de temps, il paraissait inimaginable de concevoir un Leica M numérique plein cadre (24x36) compatible avec un grand angle extrême. En effet, un 15mm ouvert à f/2,8 ayant la lentille arrière à seulement quelques millimètres du plan focal, pose plusieurs défis aux ingénieurs 1) Le problème du vignettage naturel de l'objectif, 2) Celui de l'angle d'incidence des rayons sur les bords du capteur, avec l'amoindrissement de l'efficience quantique (photons-électrons) qui s'ensuit. De plus la matrice Bayer sans filtre anti-moirée mettant en évidence toute aberration chromatique, pose encore un obstacle de taille.

Malgré tout ces écueils, nous voici, quelques années plus tard, avec le Distagon ZM 15mm f/2,8 prêt à fournir un champ extrême,  rare sur un Leica M9.
Cet objectif (11éléments /9 groupes) incorpore tous les progrès récents en optique photographique : surface asphérique, lentilles flottantes, verres à fort indice de réfraction, traitement de surfaces optimisés et une mécanique de haute précision.

Désormais, nous intégrerons dans nos tests optiques une mesure de la pupille d'entrée des objectifs. Cette information peut être très utile pour les amateurs d'images panoramiques créées par l’assemblage des Pdv d'un appareil en rotation sur un axe. La mesure obtenue correspond à la distance en millimètres entre la monture et le point (l’axe) sur lequel l'appareil devra tourner pour qu’aucun déplacement du point de vue ne soit perceptible.
Pour ce 15mm  l'axe de rotation se trouve à 38mm de la monture.

a)
Zone centrale
En plein centre, ce 15mm fourni une image de grande qualité. Les détails les plus infimes sont reproduits avec contraste et, avec la fermeture d'un diaphragme, on obtient des micros détails encore plus définis et contrastés. F/4 devient notre référence.
b) Zim
À 10 mm du centre, un affaiblissement de la pleine ouverture est perceptible mais dés f/4, l’image atteint un très bon niveau en contraste comme en résolution, la différence avec le centre est très peu visible.
c) Zone périphérique
Nous avons réussi à prélever une image dans la zone périphérique à 18mm du centre. Obtenir une image de ce secteur avec d'extrêmes grands angles (110°) est très délicat et il faut juger les résultats avec prudence car le système d'observation est fortement contrarié par la géométrie des éléments.
Sur les images on observe tout d'abord un élargissement des formes dû à l'angle d'incidence sur le capteur. On peut constater également qu'il faut diaphragmer d'avantage pour obtenir le meilleur résultat possible : à f/8 la reproduction des damiers de 10µ (50plmm) est bien contrastée et sans franges colores. Les Pdv avec le M9 nous permettront de voir les résultats réels obtenus après traitement dans les coins, mais nous pouvons d’ors et déjà saluer la performance.
d) La dé-focalisation des trois couleurs est presque nulle : les images au centre à f/2,8 pour chaque couleur et celles à f/4 regroupant la Map moyenne sont très ressemblantes. Sur ce point, c’est la meilleure performance que nous ayons observé, même le 18mm Zm de la marque est moins précis en focalisation tri chromique.
e) Pour conclure, la mire Rf1 nous permet de voir le comportement au centre avec des éléments de 5µ en très grand contraste. À f/2,8, le contraste et la résolution sont légèrement doux, à f/4 le rendu est très fin et contrasté, enfin à f/5,6 on n'améliore rien au centre, par contre les zones périphériques gagnent en qualité et ce jusqu'à f/8.

Le filtre dégradé
La densité au centre du filtre est de 1,8 diaph’ (Zeiss indique 1,5 diaph’). Cette grande densité permet une très bonne correction du vignettage, sans perte notable de la qualité du rendu.
Voir Avec le test au centre sur banc nous n'avons constaté aucun changement de résolution, avec ou sans filtre, sur les bords une légère dégradation est perceptible. Voir

Conclusion
Nous avons attendu longtemps pour pouvoir tester cet objectif Zm, et nous sommes ravis d’avoir pu constater les résultats et les progrès techniques accomplis dans tous les domaines qui participent à l'élaboration de ces outils. Couplée au M9, cette optique permet des images avec des perspectives, profondeurs et grandeurs de champ exceptionnelles. En noir et blanc classique la souplesse d’utilisation est remarquable. Nous présentons des images réalisées avec un M9 et avec un Zeiss Ikon et Tmax 400-2. Ces images faites avec et sans filtre dégradé nous montrent que en Pdv general les corrections logiciel suffisent, et que l'utilisation du filtre n'est pas obligatoire.

Images


f/5,6


f/8


Panorama 2 vues à 60° f/8


f/8


f/5,6


f/5,6


f/4


f/5,6 T-Max-400-2


f/8 T-Max-400-2


f/5,6


 

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