Huit éléments en six groupes et une surface asphérique pour un 24mm ouvrant seulement à f/3,8. Cette formule nous fait penser qu'il s'agit encore une fois d'un exercice de style de la part d'opticiens à la recherche de la perfection. Comment comprendre sinon l'apparition de cette optique dans le catalogue de Leica dans lequel on trouve déjà deux excellents 24mm (1,4- 2,8)? Sur la fiche technique du fabricant, les courbes Ftm sont très impressionnantes du centre au bord du cercle image, ce qui confirmerait que la volonté de Leica est de créer une excellente optique compacte et très bien corrigée, au détriment de la luminosité. Avec l'aide des différentes mires du test nous essayerons de distinguer les qualités optiques qui justifient l'apparition de ce 24mm f/3,8

a) Dans la zone centrale, ces images à trois diaphragmes sont très similaires. Riches en micros détails et sans aucune coloration parasite, elles ne se différencient pratiquement pas par leurs contrastes. C'est le damier de 2,5µm sur le plan focal, et le tranchant des bords, qui permet de voir l'évolution en fonction l'ouverture. A f/8, seul un léger arrondissement est perceptible et confirme l'excellence de la zone centrale.

b) A 10mm du centre le comportement est remarquable dès la pleine ouverture jusqu'à f/8: les damiers se détachent avec un bon contraste et avec très peu de parasitage autour des formes.

c) Comme pour d'autres grand angles très compacts, nous n'avons pas pu réaliser les prélèvements à 20mm du centre. Les images faites au M9 nous permettrons de voir la qualité de l'image dans les coins.

d) L'aberration chromatique est superbement maitrisée. Au centre à pleine ouverture on peut dire que les couleurs de la trichromie sont quasiment sur le même plan focal. Le comportement de l'optique, analysé ici avec la plus grande finesse, nous montre que les couples rouge-bleu et vert-blanc focalisent ensemble, contrairement à d'autres optiques où le rouge et le bleu ont des plans focaux très éloignés.

e) La mire Rf1 confirme la qualité en contraste et en résolution pour tous les diaphragmes. De f/3,8 à f/8 la qualité d'image est pratiquement identique!

Conclusion
Grâce à notre procédure de test sur banc nous pouvons constater le bien fondé de la création de nouvelles optiques à faibles ouvertures. Car même si les progrès accomplis ces dernières années sont très importants, la réalisation d'un grand angle avec un comportement performant sur toute la surface d'image nécessite des formules très complexes et onéreuses. Et souvent, malgré ces efforts, la pleine ouverture est en deçà du meilleur diaphragme. Avec le Elmar 24mm f/3,8 Asph la pleine ouverture est presque le meilleur diaphragme! Ce type de formule nous rappelle le Digitar 43mmXL que nous venons de tester et pour lequel la pleine ouverture est aussi pleinement exploitable.

images
Pour illustrer nos dires et finir en beauté, voici les images au M9 dans des conditions de prise de vues très diverses.


f/4


f/5,6


f/4


f/5,6


f/8


f/8


f/8


f/4

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