Voilà un fabricant qui s'attaque courageusement aux très grandes ouvertures; courageusement parce que les luminosités extrêmes mettent en évidence toutes les faiblesses d'une formule optique : l'absence de profondeur de champ accentue les aberrations chromatiques, le flare dégrade le contraste, le vignettage rogne les coins de l'image... Ce sont des écueils pour tout opticien. Nous avons fait un grand test de cette optique avec un grand nombre d'images en numérique (M9) et en argentique, ceci afin de mieux connaître les comportements et les types d'images possibles avec ce 50mm f/1.1.

a) Comme d'habitude pour cette marque, au centre tout est là : les détails les plus infimes sont présents dans une très grande douceur mais avec une grande maitrise des aberrations, ce qui permet une évolution très rapide vers une image très détaillée et contrastée avec la fermeture du diaphragme. Nous avons joint les images qui montrent le comportement entre f/1,1 et f/2.

b) A 10mm du centre à pleine ouverture, les résultats sont assez bons mais avec plus d'aberrations : les détails ont du mal à se faire un chemin jusqu'au plan focal. Dès f/2,8, le comportement s'améliore pour devenir très bon à f/4.

c) A 20mm, le rendu résiste très bien, nous sommes étonnés de la grande maîtrise du cercle d'image. Sur ce point, le Nokton se détache clairement de sont petit frère de 40mm, à f/4, la mire retrouve toutes ses formes.

d) Les informations obtenues avec cette mire sont très intéressantes : la dé-focalisation du rouge est très importante, le rouge se détache du plan focal et ne revient jamais. Pour bien illustrer le phénomène nous proposons deux images références, une à f/4 et l'autre à f/2,8 ; dans les deux cas, le trio vert, bleu, blanc est très bien restitué, mais le rouge reste en dehors du plan focal.

e) La synthèse avec une mire à très grand contraste illustre le comportement de cette optique : les détails sont encore présents mais avec un très faible contraste à f/1,1. On constate aussi une évolution très rapide, que permet un f/2 d'une exceptionnelle résolution (Voir) tout en douceur. Ceci bien sur, est obtenu sur banc optique, que peut retenir une surface sensible numérique ou argentique de cette extrême information? À notre avis les micros brillances des certaines surfaces (cheveux, pierres, feuillages) avec une lumière dirigé auront un rendu très différent en numérique, car il est probable que ces micros détails chargés en lumière impressionnent suffisamment les pixels pour qu'ils gardent une trace. En argentique la diffusion dans le couches peut transformer ces micros éléments en halo.

Conclusion
De toute évidence, ce Nokton 50mm f/1,1 fera parler de lui au-delà de l'aspect commercial. Cette optique dans une mécanique de grande qualité se couple très bien au M9. Les images numériques que nous présentons avec de grandes ouvertures ont une signature, un rendu très particulier qui nous rappellent les qualités de l'argentique en négatif moyen format (Contax 645-Planar f/2-Portra NC). Celles en négatif sont différentes, plus douces encore (peut-être trop pour certains). Le parallèle argentique-numérique fait pour ce test nous donne envie d'aller plus loin et nous ferons un vrai papier sur le sujet.

Images
La plupart des images on était faites avec un M9, de f/1,1 à f/5,6. Celles en argentique sont sur T-Max 400 développe en Rodinal 1:50. Cliquez sur les images

 
f/2

f/1,7

f/1,4

f/1,1

f/1,4

f/1,1

f/11

f/1,1

voir plus bas détail 100%


f/2,8

f/1,1

Cette image illustre bien la capacité de cette optique a laisser passer les micros détails, les quels impresionnent suffisament les pixels du Leica M9 


  

Retour accueil Optiques