• Prises des vues   
• Conclusion partie 2   


Choix du pilote

Pour simplifier la suite du test, nous devons faire un choix entre les deux pilotes proposés avec le Epson V750Pro : Epsonscan 2.8F et Silverfast 6.4
Dans la première étape, nous avons remarqué la tendance à contraster les formes, et des artefacts du à l'aberration chromatique autour des détails, plus visibles  avec Epsonscan 2.8F.
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De plus, les réglages du pilote Epson sont plutôt orientés grand public. La calibration et la gestion des couleurs, par exemple, sont quasiment absentes. C'est pourquoi nous avons choisi de  continuer nos tests avec Silverfast 6.4, et bientôt 6.5. 

Matière et grain
La mire sur film Rf2 ektacrhome générée sur imageur haute résolution nous ramène, d'une certaine manière, à la réalité photographique.
Ce film ektachrome représente les mêmes éléments que la mire précédente mais en couleur et avec le grain de l'émulsion. Cette nouvelle mire est très intéressante sur plusieurs plans : les couleurs des aplats et celles des modules nous montrent, une fois numérisées, la réponse chromatique et le discernement des formes les plus fines jusqu'à la confusion avec le grain.
Pour mieux illustrer l'importance de la réponse chromatique dans le rendu de détails, nous avons choisi les plages les plus explicites. Ici, nous pouvons voir l'ensemble des éléments en faible résolution. Par la suite, nous les verrons à taille réelle des pixels. 
Voir 

Cette mire nous permet, entre autres, de cerner un élément très important dans toute forme de numérisation : la matiére, c'est-à-dire la structure même de l'image, là où grains, détails, nuances et couleurs s'entremêlent pour devenir une des signatures du rendu photographique en argentique. Voir  Image microscopique de la mire Rf2,(detail rouge-vert).
Sur les images suivantes nous avons réunis les détails les plus fins pour chaque couple "fond-module". Pour bien illustrer les informations fournies par le scanner, nous avons séparé la couche des luminances (L) en mode Lab et de la chromie (RVB).
Cela nous permet de voir que pour certains couples fond-sujet, les différences de luminance sont insignifiantes et peuvent poser problème. Par ex : sur la partie en couleurs de la mire, on remarque le très faible contraste sur la plage rouge/magenta.
Ce  discernement moindre peut s'expliquer par le faible apport en densité de la composante Jaune, par la répartition spectrale de la source d'éclairage et par la réponse du capteur analysé par le  pilote.
Dans la pratique, ce phénomène va réduire très fortement la restitution des détails pour ce type de combinaisons colorées. Sur la couche (L), on peut voir que sans la couleur, il n'y a pratiquement plus  d'informations. Ceci est très gênant, notamment  dans la transformation d'une image couleur en noir et blanc Voir 
En tout cas, il faut rester prudent sur ce résultat, car nous l'avons comparé à d'autres scanners et les écarts sont assez faibles. Toutefois, en negatif couleur ces couples sujet-fond peuvent  poser beaucoup des problèmes.

L'autre partie de l'image concerne le rendu monochromatique, modules noirs avec plusieurs valeur de gris pour les fonds (25%,50%,75% et transparent), et fond noir avec des modules de densité variable, transparent, et gris (25%,50%,75%).
Sur le côté gauche de l'image, on remarque une bonne neutralité et une reproduction homogène de hautes et basses lumières. Par contre, du côté droit, les artefacts colorés sont de plus en plus importants en fonction de la densité, et deviennent gênants au point de faire disparaître la neutralité du sujet.

Voici donc la grande difficulté dans les zones denses : séparer les détails du bruit et des aberrations optiques avec l'handicap, pour ce scanner, de ne pas voir le grain.Voir

Silverfast, conscient du probléme  de la densité, propose le mode multi-passes et multi-expositions pour améliorer la profondeur d'analyse et la plage dynamique. On peut voir sur le site  de Silverfast un tableau comparatif expliquant les bienfaits de cette méthode.
Voir
Nous avons réalisé des numérisations à plusieurs passes (on peut faire jusqu'à 16x), et effectivement, il y a plus d'informations utiles et moins de bruit, mais les temps de balayage plus longs, et une legére perte de définition modèrent notre enthousiasme.  Ici, sur cette image numérisée en deux passes, nous pouvons voir les changements plus ou moins importants du rendu, surtout dans les grandes densités.Voir 
Plus loin, dans la partie prises des vues, nous verrons la pertinence de la numérisation multi-passes au-délà de 2x.

Prises des vues
Après ces tests sur mires, nous allons voir le rendu sur une série d'images sur divers types d'émulsions et formats, allant du 35mm au 20x25cm. nous avons vu précédemment que c'est en moyen et grand format (6x7 a 20x25cm) que le V750 est au mieux de ces performances. En effet pour ces originaux, des rapports de agrandissement de 2x a 10x suffisent dans la plupart des cas, pour des taux supérieurs, l'utilisation du Epson V750 dépendra des critères d'exigence de chacun. Les vues en 35mm utilisés ci-dessous permettront de tester le scanner avec des émulsions historiques, et inexistantes en d'autres formats.

Polachrome
Cette surface sensible, formée des lignes RVB similaires à celles des écrans cathodiques d'une part, et l'émulsion avec sa granulation aléatoire d'autre par, est la structure idéale pour parler de la capacité de reproduire un rendu.Voir

Sur cette image le scanner voit des détails et des lignes dans les hautes lumières, mais perd leurs traces à partir des densités moyennes, pour finir avec une information (désinformation) parfaitement lisse dans les tons sombres.
De plus, on remarque une différence de rendu assez importante entre les deux pilotes (Epsonscan-Silverfast). Le pilote Epson sépare mieux les lignes, mais caricature la mécanique de cette émulsion en amplifiant les micros détails .Voir
Cette numérisation nous montre aussi la différence de résolution selon l'orientation des traits par rapport au sens de défilement du chariot. Ici, l'exemple est trés frappant du fait, notamment, que le sujet photographique (cliché) est plus complexe, et surtout moins contrasté. Voir
Ces subtilités, sont encore une preuve que les mesures de résolution ne répondent que sommairement à la problématique des micros structures, et que les limites de restitution ne sont pas seulement dues a la partie opto-mécanique.

Kodachrome
Ouf!. Finis les lignes. Désormais nous allons voir les rendus sur des émulsions dites classiques. Le Kodachrome et ses couches a grains argentiques, a une signature très particulière, déjà a l'agrandisseur il fallait appliquer des masques de contraste et filtrer différamment pour obtenir un tirage neutre et détaillé. En numérisation, son contraste et saturation posent aussi des problèmes intéressants.

La premier point à vérifier c'est si on peut obtenir le rendu du Kodachrome, tiré sur Cibachrome, ou Fuji super brillant par exemple Voir1 Voir2 
Vu ces résultats, nous pouvons dire que dans un domaine aussi incertain que, les gouts et les couleurs, le V750 Pro permet de restituer a l'écran, la saturation et contrastes de la Kodachrome, bien sur l'effets de bords et le grain ne sont pas réproduits, même sur la Kodachrome 200. 
Voir3
Savoir si au tirage on retrouvera les particularités liés aux  procédés cités ci dessus c'est une autre histoire, et nesécité l'étude des sorties numériques et des papiers.

Velvia
Dans la série des films à très forte personnalité il faut regarder du côte de la Velvia 50, saturation, contraste, et résolution élevés ont fait que cette émulsion devienne des son apparition une concurrente de la Kodachrome 64. L'image que nous avons choisi est très contrastée et dure, faite en moyen format 4,5x6 avec un macro planar 120mm f/4. Le mode passe vues s'impose pour numériser cette image, le problème est que le porte document 120 en bandes n'est pas du tout adapté à ce type de cliché,Voir  le manque d'un quatriéme coté laisse le film flotant et la planéité n'est pas du tout garantie.Voir
Malgré cet inconvénient, nous numérisons la vue, en une, deux, et quatre passes. Les résultatsavec une passe sont bons, les hautes lumières sont bien modelées, mais les densités sont creuses. Avec deux passes ont obtient des petits plus, mais les ombres échappent encore a la lecture.Voir
 Avec quatre passes on réduit surtout le bruit dans les hautes densités. Mais attention ce mode augmente l'effet arrondi de cet scanner, et la perte de definition des micros details est éncore plus marquée.
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Conclusion partie 2
Ces prises de vues , nous ont permis de confirmer les capacités de ce scanner en chromie et profondeur d'analyse. IL produit des fichiers exploitables et des rendus riches qui vont satisfaire le photographe désireux de numériser ses images sans trop dénaturer les propriétes du film.
Toutefois on regrette que le passe-vues 120, soit si mal conçu, surtout pour les vues individuelles en moyen format.
Dans la partie 3, et pour finir ce test, nous verrons le comportement en plan film, négatif couleur et noir et blanc, et une fois toutes les qualités et lacunes répertories nous irons dans la partie pratique pour voir les améliorations possibles, et les astuces pour obtenir le meilleur du V750Pro.  

Debut                                             

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