• Eclairage et couleur   
• La densité   
• Résolution   
• Conclusion partie 1   

EPSON V750 PRO                                    
C'est avec beaucoup de curiosité que nous découvrons cette machine, car nous sommes devant un scanner hors normes couvrant, en transparence, du 24x36 au 20x25, à plus de 6400dpi ! et 4D en densité. Si ces données techniques extraordinaires se confirment, on serait devant un très bon compagnon pour le photographe travaillant en argentique moyen et grand format.
Après deux mois d'utilisation, voici le test du Epson V750.

Opto mécanique
La construction du système optique est très compacte, et contrairement à d'autres scanners à plat, l'ensemble optique se déplace comme un seul élément. Aucun mouvement secondaire n'est nécessaire ou intégré, pas de mouvements de miroir indépendant du chariot, pas de mise au point non plus, les réglages de focus pour les deux optiques sont faits en usine. 
Techniquement, ce concept est valable seulement quand le document est parfaitement plan sur la vitre, par contre pour le travail avec des passe-vues, ce choix peut poser des problèmes liés à la planeité du film.

Le miroir
Sur cette numérisation, avec des lignes à haut contraste et grand rapport d' agrandissement (9600dpi à 200 %) on peut voir l' irisation des bords, différente selon l'angle des lignes. Les traits perpendiculaires au sens de défilement comportent plus d'aberrations que les autres, il est difficile de dire quel élément du bloc optique est la cause de ce phénomène, mais on peut imaginer que le miroir de renvoi est pour beaucoup dans la diffraction de la lumière.
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Dans la pratique, ce phénomène n'est visible que pour les très grands taux d'agrandissement et sur certains sujets. Par contre, il est inhérent au rendu, surtout dans les détails très fins et dans le restitution du grain.

Eclairage et couleur
Les sources de lumière pour les transparents et opaques ont des réponses spectrales très différentes. 
La source fluorescente pour transparents à plusieurs pics dont un très intense à 550nm. En réflexion, il est très étonnant de voir que la source a des pics différents.
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Les pilotes auront fort à faire pour égaliser ces courbes et permettre l' étalonnage sur tout le spectre visible (de 400nm à 700nm), ou au moins entre 450nm à 650nm.
Dans l'exemple suivant, on remarque la différence de rendu des trois filtres trichromes ( rouge 25, vert 58, et bleu 48b ), avec les deux pilotes utilisés pour ce test (Epsonscan 2.80F et Silverfast 6.4). Après l'echec de plusieurs tentatives selon divers parametrages afin d'obtenir les mêmes couleurs, on constate  que les pilotes sont trés differents dans le rendu des couleurs, et qu' il faudrait les tester avec une multitude de vues pour en déceler les faibleses et qualités de chacun.
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Pour comparer le rendu des couleurs dans la chaîne photographique (films, scanners, cameras...), nous utiliserons les tuiles céramiques d'étalonnage d'instruments Bcra-Gretag, en géométrie d'observation 45/0°. Ces "tuiles-étalons" seront notre repère couleur d'excellence.
Sur cette image, douze des ces tuiles numérisées avec les deux pilotes. Le coin supérieur gauche correspond à Silverfast et inférieur droite à Epsonscan
Voir. Devant tant de différences et de subtilités, et pour  approfondir la question de la chromie, nous verrons dans le secteur Pratique la calibration et les profils susceptibles d'améliorer le rendu couleurs.

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La densité
   
La gamme de densités circulaire a été numérisée avec les deux pilotes (EpsonScan 2.80 F et SilverFast 6.0). Voir
Les plages exploitables sont représentées  ici accompagnées de mesures faites en densité diffuse et L.ab Photoshop  (pipette à 5x5pixels sous RVB 1998). Avec Epsonscan 2.80 F, les Dmax exploitables vont jusqu'à la plage 6 (2.30D – 2.61D) et 7 (2.64D – 2.94D) maximum. Au-delà, on trouve encore de l'information, mais très dégradée par le bruit, et plus du tout représentative de l'original. Voir
Voilà un premier point à retenir. Effectivement, il y a de l'information jusqu'à 4D, mais inexploitable au-delà de 3D.
Dans l'image suivante nous avons juxtaposé quatre secteurs de la mire circulaire, sur lesquels nous avons fait un point blanc dans Photoshop au centre du cercle du bas densité du support plus voile. Le deplacement des valeurs vers les hautes lumières de la courbe (entrées) permet de mieux voir les informations contenues dans la numérisation, et leurs degradation en fonction de la densité du sujet.
    Ce test peut eclairer pas mal de choses sur la difficulté du calibrage,de la linéarité, et aussi sur les bascules et dominantes dans les zones à grande densité. Le secteur 1 (0.74D- 1.02D) sera notre référence visuelle pour ce scanner et pilote, le secteur 4 représente le rendu avec des densités relativement élevées (1.69D-1.99D), à mi-parcours entre les Dmax et Dmin annoncées par le fabricant. Le secteur 7 (2.64D-2.94D) est le dernier secteur acceptable, le secteur 8 (3.0D-3.30D) nous montrant la limite extreme d'analyse.Voir

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Bi-focale
Epson a intégré un deuxième objectif pour obtenir des "résolutions extrêmes". L'idée est bonne, mais le concept n'a pas été poussé jusqu' au bout, nous laissant devant un grand problème : soit on plaque l'original sur la vitre pour le numériser avec une bonne planéité mais dans une grande largeur d'analyse (210mm), acceptant ainsi une déperdition pour les petit et moyen format, soit on réduit le champ à 149mm de largeur, et on se passe de la planéité parfaite.
Les images suivantes, numérisées avec les deux pilotes à 6400dpi, nous montrent les résultats avec les deux largeurs de travail : 210mm sur la vitre, et 149mm avec le passe vues.
Voir (Silverfast) et (Epsonscan) Voir

La résolution
Comme nous l'avons vu précédemment, il faut aborder les résolutions de plusieurs manières. Nous ferons, dans un premier temps,  quatre tests de résolution.
La mire à lignes noires sur fond blanc nous informe sur les débordements de l'énergie lumineuse vers les zones sombres, le flare, la perte de contraste, et la difficulté du photoelectro-numemoriseur (ensemble capteur+pilote du scanner) à transformer ces informations en image représentative.
Numérisation avec Silverfast sur la vitre, et le passe-vue à 6400pi, sur cette image nous présentons les extrémités de la mire (01mm et 001mm)
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La même image, modifiée dans Photoshop et accompagnée des courbes. Sur chaque couple d'image(verre, passe-vues), nous avons modifié l'entrée. L'éclaircissement a été poussé jusqu'à faire disparaître les lignes les plus dégradées (vitre, coin supérieur gauche, entrée 212 ). Ensuite, nous avons rémonté encore la courbe pour faire disparaitre les formes les plus fines obtenues avec le mode passe-vues (coin inférieur droit, entrée 182). Cette opération confirme que la résolution et le contraste sont supérieurs avec l'optique couvrant 149mm. Même sur les "gros" détails de 0,1mm, la qualité de contraste et de bords est meilleure. Donc, pour tout format inférieur au 20X25cm, travailler en mode passe-vue est nécessaire pour obtenir un rendu supérieur.Voir
La mire des lignes blanches sur fond noir, est plus représentative des clichés négatifs, et nous servira pour pousser le scanner à son rendement maximum, dans des conditions idéales (peu de flare, grand contraste).Si on analyse cette image pour lire des paires des lignes par millimètre, nous pourrions dire que la limite de résolution pour le V750, se situe entre 30 et 40Plmm. Au-delà, les bords et le contraste sont trop dégradés et très peu représentatif des détails de l'original. A 50Plmm, il n'y a plus de séparation.
Avec le damier composé des carrés de 1/100mm orientés avec deux angles, les premiers à la verticale et les deuxièmes inclinés à 45°, et des lignes, elles-aussi au 100ème de mm, sont là pour prouver que la résolution mésurée en paires des lignes au milimetre est incapable de faire un parallèle avec le rendu dans les zones riches en micro details. Comme on peut voir dans l'image suivante, le damier équivalent à 50Plmm n'est jamais visible, alors que certaines paire de lignes, selon leurs angles, sont encore perceptibles.Voir
Ce test nous montre que ce scanner ne voit pas le grain quel que soit la résolution utilisée.

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Conclusion partie 1
A mi-parcours, nous pouvons dire que  ses qualités en profondeur d'analyse et  résolution en font un bon outil pour les utilisateurs de moyens et grands formats. Certains éléments parasites et une perte de résolution dans les micro-détails le positionnent en deçà d'autres scanners destinés à la numérisation de petits formats.
Dans la deuxième étape de notre test nous nous concentreront sur les résultats "photographiques" en analysant les images obtenues à partir de diapositives, de négatifs couleurs et noir & blanc. 

                                                                   
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